Mikhaïl Gorbatchev s’exprime sur la crise en Ukraine

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Rétablir le dialogue entre Moscou et Washington résoudrait le conflit ukrainien. C’est ce qui sort de l’interview accordée le 17 septembre à la Radio et Télévision Suisse (RTS), par Mikhaïl Gorbatchev. L’ancien dirigeant soviétique et dernier chef de l’URSS critique la position de l’OTAN et de l’Union Européenne dans la gestion de la crise en Ukraine.

Pour la paix en tant que base de discussion

« Je continue de croire que pour qu’il y ait la paix en Ukraine, en Europe et dans le monde, il est crucial de reprendre le dialogue entre la Russie et les Etats-Unis. » De manière générale, Mikhaïl Gorbatchev est pour un dialogue à dimension internationale en faveur de la paix. Dans le fond, il est pour que Washington et Moscou viennent à bout de l’évolution des événements aggravant la situation en Ukraine. Pour ce faire, il invite les deux pays, conjointement avec les membres du Conseil de sécurité, à travailles sur une résolution commune. Celle-ci devrait être destinée à faire freiner l’évolution d’une crise, dont les aboutissants inquiètent Gorbatchev : « C’est une seule nation. Si d’autres pays s’investissent, que l’intensité croît, nous pouvons déclencher le pire massacre en Europe. Nous ne devons pas le permettre. » Gorbatchev le défend et il y tient fermement, la solution au conflit ne demeure pas dans l’intervention de l’OTAN. Elle demeure encore moins dans les sanctions économiques de l’Union Européenne contre la Russie. L’ex-dirigeant de l’URSS fustige les manœuvres de l’alliance Atlantique dans l’ouest de l’Ukraine et considère que l’embargo de l’UE traduit jusqu’à quel point celle-ci « va mal ».

Non à l’OTAN, oui à un rapprochement Russie – Etats-Unis

Les propos de Gorbatchev sur le rôle de l’OTAN et sur son existence ont été sans concession durant l’entretien. Mikhaïl Gorbatchev ne conçoit pas comment la communauté internationale a pu mettre fin au Pacte de Varsovie (prévoyant une organisation militaire des pays socialistes de l’Europe de l’Est), alors que la formation des pays des Alliés existe toujours. Lorsque son idée est en rapport au conflit ukrainien, l’ex-dirigeant de l’URSS s’aligne en fait sur la position de Moscou. Il ne semble pourtant pas considérer que les Etats-Unis soit un pays membre de l’OTAN et que bien que la Russie n’en fasse pas partie, elle en reste un des pays partenaires, tout en montrant des réticences sur les décisions et actions de l’alliance. Dans l’interview à RTS, Mikhaïl Gorbatchev dit pourtant redouter un retour à la situation de la guerre froide : « J’ai l’impression (...) qu’on essaie de nous attirer dans une nouvelle guerre froide. Mais il faut tout faire pour ne pas admettre cela. Il faut arrêter quiconque veut une nouvelle guerre froide. » Il faut dire que même après la chute des deux blocs et avant le début de la crise en Ukraine, les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie n’ont pas toujours été au beau fixe. Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, ces relations sont inéluctablement ponctuées d’un retour plus ou moins apparent des rapports de force, rappelant celui des deux anciens blocs : la gestion de la crise en Syrie et le traitement de l’affaire Edward Snowden n’en sont que des exemples, pour ne citer que ceux-là.