Premières contestations de l’élection des conseils de l’ordre des médecins -- Des recours en masse et un sentiment de gâchis

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Les élections du conseil national et des conseils régionaux de l’ordre des médecins n’ont pas fait que des heureux. Moins d’une semaine après leur organisation, les premières contestations ont commencé et elles risquent de faire bien du bruit. Organisation du scrutin chaotique, inégalité des chances, parachutage de votants selon la bonne vieille méthode du « Inzal », la liste des griefs est  à la mesure de l’immense déception des blouses blanches participant aux premières élections ordinales démocratiques. Les réunions se multiplient et les recours  provenant de toutes les régions du Maroc se préparent à être déposés  devant le tribunal administratif de Rabat.  A l’évidence, le feuilleton du scrutin des médecins du Maroc ne fait que commencer !

Vendredi 27 juin, le syndicat national des médecins de santé libérale a tenu réunion avec pour unique ordre du jour le déroulement des élections des conseils national et régionaux de l’ordre des médecins.  « Une très mauvaise organisation a marqué le scrutin du 22 juin. Les médecins ont û attendre jusqu’à 3 heures pour pouvoir voter. Pour la région de Rabat-Salé-Zemmours-Zaers qui compte environ 4000 médecins, il y avait à peine deux bureaux de vote », fait remarquer ce médecin spécialiste de la place avant d’ajouter que « tout a été fait pour que les médecins ne votent pas ».  Résultat, le taux de participation dans la région de Rabat n’a pas dépassé 25%.

Si la mauvaise organisation a caractérisé des élections ordinales très attendues par les médecins du Maroc, l’opération de vote a été elle entachée par une erreur qui risque d’être fatale à ces élections organisées sous le régime de la loi 08-12 relative à l’ordre national des médecins. Les bulletins de vote n’ont pas été dûment cachetés du sceau du président de l’ordre national des médecins.  Ce qui risque de faire annuler ces élections. « Un tel oubli frise l’incompétence. La commission en charge de la préparation de ces élections est responsable de ce gâchis. Le sceau du président sur le bulletin de vote est une manière de garantir l’intégrité du scrutin » explique un membre sortant du conseil national de l’ordre des médecins.

Les bulletins de vote n’ont pas été dûment cachetés

Et ce n’est pas tout. Les médecins sont nombreux à dénoncer l’opération de parachutage organisée le jour du vote. Les médecins résidants auraient reçu quelques heures seulement avant le scrutin l’autorisation de voter. Une diligence bien suspecte aux yeux des professionnels de la santé qui y voient les signes extérieurs d’un « Inzal » électoral.

L’inégalité des chances des candidats a été également soulevée. De nouveau, c’est un doigt accusateur qui est pointée sur la commission électorale. « Des médecins candidats sont passés à la radio. Ils ont organisé des conférences sur des thématiques pour le moins électoralistes comme l’erreur médicale, se sont affichés avec des responsables gouvernementaux alors que la campagne battait son plein. Ceux qui avaient la responsabilité de l’organisation de ces élections ordinales historiques se devaient de cadrer tout cela pour sauvegarder les règles de démocratie. Ils sont coupables de ne pas l’avoir fait » souligne ce toubib  indigné.

Hier dimanche 29 juin, plusieurs syndicats de santé devaient tenir rencontre. La contestation s’organise à la mesure d’une indignation qui gagne de plus en plus de terrain.  «Ce scrutin doit être annulé. C’est à la justice de dire son mot ». En attendant, c’est un sentiment de gâchis qui s’est emparé de ceux et celles qui ont voulu élire un ordre national des médecins fort, responsable et professionnel.