Un voisinage conforté

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couv-Mohammed-VI-felipe Le Maroc est le premier client de l’Espagne en Afrique. Sur le plan politique, les deux monarques se connaissent bien et s’estiment Les chiffres publiés par le ministère des Finance et de l’économie notent une réelle amélioration des relations commerciales entre le Maroc et l’Espagne. Nos importations en provenance du territoire ibérique ont augmenté de 6% et nos exportations font mieux que résister à la situation de contraction de ce marché. Nous sommes le premier client de l’Espagne en Afrique. Sur le plan politique, les deux monarques se connaissent bien et s’estiment. Ils partagent les mêmes visions pour l’avenir de la région. Cette identité de vue facilite les rapports entre les deux gouvernements et ce quel que soit le parti au pouvoir. C’est que les dossiers qui nécessitent la coopération ont une importance stratégique. L’immigration clandestine ne peut être efficacement combattue que si les deux pays collaborent étroitement. Grâce à cette collaboration, le grand flux des candidats à l’émigration passe plus par les rivages libyens que par les côtes marocaines. Ils ont été 200.000 à tenter de rejoindre l’Italie cette année, dix fois moins pour l’Espagne. Sur le plan sécuritaire, notamment la lutte contre le terrorisme, la décoration de Abdelatif Hamouchi, le patron de la DST marocaine, par les autorités espagnoles est un fait rarissime. C’est la consécration d’une collaboration étroite, bien sûr secrète, mais qui porte ses fruits en évitant des attentats contre les deux pays. Plus globalement, le Maroc et l’Espagne partagent la même vision de la stabilité de la région, de l’importance du co-développement. Sur le plan culturel, les centres Cervantes sont actifs au delà de la zone du Nord hispanophone depuis longtemps. La langue gagne beaucoup de terrains et l’implantation d’entreprises espagnoles, offrant des opportunités d’emplois aux jeunes cadres, accentue le processus. Le tourisme, dans les deux sens, est en augmentation constante. Pour la région du Moyen-Atlas, l’Espagne est de loin le premier marché émetteur. Au-delà du business, il y a une réelle envie de contacts entre les deux peuples. En Andalousie, la part mauresque du patrimoine est revendiquée par des mouvements d’intellectuels. Cette richesse des relations conforte le Maroc dans ses choix, dans la recherche de la diversification de ses relations internationales dans le respect de ses intérêts, mais aussi de sa souveraineté, de son image de « nation pétrie d’histoire », tel que l’avait définie le Marechal Lyautey. Evidemment, les points de désaccords existent. Il faut savoir en limiter la portée, en les inscrivant dans des processus de négociations à long terme. Les deux diplomaties sont invitées à approfondir les points de convergence, et c’est la voie de la raison, car l’Espagne est la porte de l’Europe et le Maroc le passage obligé pour l’Afrique. L’intérêt des deux peuples est dans une entente parfaite qui ne peut se construire qu’en bannissant tout réflexe de condescendance néocoloniale, comme on a vu récemment d’autres s’en rendre coupables ?