Aziz Akhannouch à la conquête de la 13ème Région

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De Düsseldorf où il l’a précédé, Mohammed Oujar, ministre de la justice, membre du Bureau politique (BP) du RNI assure que « pour les militants du Rassemblement, le constat ne souffre pas la discussion : Aziz Akhannouch est l’homme qui réunit en lui toutes les qualités pour mener le rassemblement aux victoires. Il est l’héritier d’une famille de résistants qui a commencé son parcours politique en tant que membre d’une petite commune avant de devenir président de la région de Souss-Massa –Draa. De même qu’il possède une expertise managériale exceptionnelle qui lui a permis de réaliser de grands succès dans sa carrière professionnelle ».

Mais avant de rejoindre son camarade du BP parti en éclaireur à l’assaut de la « 13ème Région », c’est ainsi qu’au RNI on a baptisé les Résident Marocains à l’Etranger, Aziz Akhannouch est dans une toute autre région aux chaleurs peu clémentes où il poursuivait assidument la tradition de décentralisation épisodique des réunions du BP qu’il a mis en place : Transporter régulièrement les « grands décideurs » du parti chaque fois dans une région différente (on y reviendra). 

A Mulheim (Ouest de l'Allemagne), le président du Rassemblement national des indépendants (RNI), n’y va pas par quatre chemins : « une citoyenneté à part entière des Marocains du monde est tributaire de leur participation active à la vie politique. » Le constat tombe sous le sens : leur vie loin du pays ne les exonère pas d’une présence impactante sur la marche et les orientations du Royaume. «La diaspora marocaine compte, relève Aziz Akhannouch, des compétences motivées par le désir et l'enthousiasme de s'ériger en levier en matière de conception des idées, de contribution au développement du pays et d'une plus forte participation à la vie politique. » La contribution à laquelle il les invite est des plus stratégiques : sur ces compétences marocaines, il fait le pari de compter sur elles à l’avenir «pour sortir [le débat politique marocain]du populisme, travailler sur le terrain et combiner la sagesse politique et l'esprit d'entreprise et d'initiative". 

Le chef de file des rassemblistes n’ignore rien des préoccupations des Marocains du monde. L'intégration, l'investissement au Maroc, l'équivalence des diplômes, la montée de la droite populiste dans certains pays européens, les pratiques racistes ciblant la communauté musulmane… ce sont aussi ses préoccupations et sait pertinemment que leurs solutions sont au Maroc.

L’homme qui nourrit pour lui-même, pour son parti et pour le Maroc l’ambition « de voir la migration à l'étranger se présenter comme un choix" », et plus comme une contrainte économique, sait aussi que cet audacieux engagement passe par la construction d’un Maroc où « les mêmes chances sont offertes à tous ». Un tel objectif, il n’en n’est pas dupe, est difficile, mais ne le saurait pas autant « si les actions à entreprendre à cet effet sont axées sur les priorités que le parti a définies dans son programme "Massar Attika", à savoir la promotion de l'éducation et de la santé et la création d'emplois. »

Devant le nombreux auditoire et en présence du maire de Mulheim, il prend sur lui un autre engagement, celui « d’impliquer les Marocains du monde dans la gestion des affaires publiques si le RNI obtient de bons résultats lors des élections de 2021. » Pique discrète, mais pique tout de même, au gouvernement auquel il appartient mais où son parti, il est vrai, n’est qu’une des composantes de sa majorité hétéroclite.