De La Baule à Tanger : « La vraie amitié est celle qui n’a aucun secret »

5437685854_d630fceaff_b-
555
Partager :

L’amitié personnelle entre Hassan II et Omar Bango, était doublée d’une véritable alliance politique au point que Hassan II avait provoqué François Mitterrand, alors président de la France, sur son terrain au sommet  La Baule

« La vraie amitié est celle qui n’a aucun secret ». C’est par ces mots que le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a accompagné la publication, sur son compte Facebook, de deux photos de lui et du Roi Mohammed VI suite à la célébration de la fête du trône. Deux adolescents qui célèbrent une longue amitié. La photo date du temps où le roi était encore prince héritier.

Une grande amitié liait également le père de l’actuel président du Gabon, Omar Bango et le défunt roi Hassan II.

Cette amitié personnelle était doublée d’une véritable alliance politique au point que Hassan II avait provoqué François Mitterrand, alors président de la France, sur son terrain au sommet  La Baule.

En 1990, la station balnéaire bretonne de la cote atlantique accueillait le sommet France – Afrique où se présentait Hassan II comme président sortant et Mitterrand en président entrant. Il était prévu que le sommet qui allait suivre devait se tenir à Libreville au Gabon et introniser par la même occasion, comme de coutume, le chef d’Etat hôte comme président du sommet.

Tous ceux qui s’intéressent à l’Afrique politique se rappellent du discours de Mitterrand à La Baule qui plongea l’Afrique, notamment francophone, dans une longue période d’instabilité dont elle ne finit pas de ne pas en sortir. C’est dans sa foulée qu’est survenue, par exemple, la guerre civile au Rwanda donnant lieu à un génocide encore d’actualité.

Dans l’utopie de sortir de la françafrique installée par de Gaulle, le pouvoir socialiste qui régnait à Paris avait placé plusieurs chefs d’Etat africain dans le collimateur. Parmi eux Mobutu Ses Seko qui avait ses défauts de dictateur, mais dont la chute en 1997 jettera le Zaïre, l’actuel RCD, dans une guerre civile qui dure encore.

Mitterrand et ses amis réclamaient aussi la tête de Omar Bango et de ce fait reniait l’accord de tenir le sommet suivant à Libreville. Hassan II s’y refusa et tint tête à Mitterrand qui a dû céder devant la persistance du roi à ne pas monter à la tribune pour la traditionnelle conférence de presse de clôture. Les Français finirent par installer, au vu de tous, un troisième fauteuil pour Omar Bango hôte désormais du prochain sommet. S’ensuivirent  Notre Ami le Roi, une attaque en règle contre Hassan II commandée par l’Elysée et un froid glacial entre Rabat et Paris qui persista jusqu’à l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence.      

En souvenir, entre autres, de ce lien forgé dans la crânerie, dimanche 30 juillet, le roi Mohammed VI, accompagné de Ali Bango, présidait à Tanger la réception organisée à l’occasion du 18ème anniversaire de l’accession du souverain au Trône.