Discours royal : La main tendue

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Le souverain déclare la disposition du Maroc au dialogue direct et franc avec l’Algérie, afin que soient dépassés les différends conjoncturels et objectifs qui entravent le développement des relations entre le Maroc et l’Algérie.

Appel à la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation. Le niveau de représentation au sein de cette structure, son format, sa nature sont à convenir d’un commun accord

Le Maroc est ouvert à d’éventuelles propositions et initiatives émanant de l’Algérie pour désamorcer le blocage dans lequel se trouvent les relations entre les deux pays voisins frères.

Le Maroc est fermement persuadé de la nécessité que, par leurs efforts inlassables pour asseoir solidement la nouvelle dynamique, les Nations Unies tirent parti des leçons et des expériences du passé et évitent notamment les blocages et les insuffisances qui ont entaché le «Processus de Manhasset».

Rien qui pourrait porter atteinte aux droits légitimes du Maroc ou dévoyer le processus de règlement, des termes de référence fixés

Le Roi Mohammed VI, a adressé mardi un discours à la Nation à l’occasion 43-ème anniversaire de la Marche verte.

L’approche du souverain, dans la gestion des grandes affaires du pays, repose sur le travail sérieux et le sens de la responsabilité sur le plan interne, et sur les principes de clarté et d’ambition qui orientent notre politique extérieure.

Ces fondements ont constamment sous-tendu son action; ils ont toujours inspiré ses prises de position et ses réactions à l’égard de tous, plus particulièrement des frères, amis, et voisins.

L’état de division et de discorde qui sévit actuellement au sein de l’espace maghrébin s’inscrit en opposition flagrante et insensée avec ce qui unit ls peuples [marocain et algérien] : des liens de fraternité, une identité de religion, de langue et d’histoire, un destin commun.

Cet état contraste avec l’ambition de concrétiser l’idéal unitaire maghrébin, qui animait la génération de la Libération et de l’Indépendance, ambition qui s’est incarnée en 1958 par la Conférence de Tanger.

L’appui apporté par le Royaume à la Révolution algérienne avait contribué à renforcer les relations entre le Trône marocain et la Résistance algérienne. Il avait également été un élément fondateur de la conscience et de l’action politique maghrébine commune.

De longues années durant et jusqu’au rétablissement de l’indépendance, côte à côte, [Marocains et Algériens] se sont dressés contre le colonisateur dans un combat commun. Nombreuses sont les familles marocaines et algériennes qui partagent des liens de sang et de parenté.

L’intérêt des [deux] peuples réside dans leur unité, leur complémentarité, leur intégration ; et nul besoin qu’une tierce partie joue les intercesseurs ou les médiateurs.

Faire preuve de réalisme et convenir que les relations entre [les] deux pays échappent à la normalité, créant, de fait, une situation inacceptable.

Depuis son accession au Trône, [le Roi] a appelé avec sincérité et bonne foi à l’ouverture des frontières entre les deux pays, à la normalisation des relations maroco-algériennes.

Un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation

C’est, donc, en toute clarté et en toute responsabilité que le souverain a déclaré aujourd’hui la disposition du Maroc au dialogue direct et franc avec l’Algérie, afin que soient dépassés les différends conjoncturels et objectifs qui entravent le développement des relations entre les deux pays.

Appel à la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation. Le niveau de représentation au sein de cette structure, son format, sa nature sont à convenir d’un commun accord.

Le Maroc est ouvert à d’éventuelles propositions et initiatives émanant de l’Algérie pour désamorcer le blocage dans lequel se trouvent les relations entre les deux pays voisins frères.

En vertu de son mandat, ce mécanisme devra s’engager à examiner toutes les questions bilatérales, avec franchise, objectivité, sincérité et bonne foi, sans conditions ni exceptions, selon un agenda ouvert.

Il pourra constituer le cadre pratique d’une coopération, centrée sur les différentes questions bilatérales, notamment celle qui a trait à la valorisation des opportunités et des potentiels de développement que recèle la région du Maghreb.

Son rôle sera aussi de contribuer au renforcement de la concertation et de la coordination bilatérales pour permettre de relever efficacement les défis régionaux et internationaux, notamment ceux qui sont liés à la lutte anti-terroriste et à la problématique migratoire.

Engagement à œuvrer main dans la main avec nos frères en Algérie, dans un total respect des institutions nationales de leur pays.

Le Maroc ne ménagera aucun effort pour asseoir les relations bilatérales sur de solides bases de confiance, de solidarité et de bon voisinage.

La Marche Verte, un maillon dans le processus de l’unification de Maroc 

Le lancement de la Marche Verte a marqué un tournant décisif dans la lutte continue pour le parachèvement de l’intégrité territoriale du pays.

Ce parcours militant s’est caractérisé par une parfaite symbiose entre le Trône et le peuple et par sa nature pacifique ayant conduit à la récupération progressive des Provinces du Sud :

En avril dernier, soixantième anniversaire du recouvrement de Tarfaya. Dans quelques mois interviendront successivement le cinquantième anniversaire de la récupération de Sidi Ifni et le quarantième anniversaire de la réintégration de Oued Eddahab.

Ces événements historiques ont été l’occasion, pour le peuple marocain entier et pour les tribus sahraouies en particulier, de manifester une unanimité sans précédent dans leur attachement à la marocanité du Sahara.

Des passerelles entre le passé et le présent en s’attachant avec une égale opiniâtreté à défendre l’intégrité territoriale du Royaume. Le Maroc s’y engage avec la même clarté d’esprit, la même ambition, mus par le même sens de l’engagement responsable et du travail sérieux, tant sur le plan onusien qu’au niveau interne.

Rien ne saurait dévoyer le processus de règlement, des termes de référence fixés

La clarté dont se prévaut le Maroc est illustrée par les principes et les référentiels immuables qui constituent le fondement de la position marocaine, ceux énoncés dans le Discours royal à l’occasion du quarante-deuxième anniversaire de la Marche Verte.

Cette clarté se manifeste aussi par la fermeté et la rigueur extrêmes dont nous faisons preuve face à tout abus, de quelque source qu’il procède, qui pourrait porter atteinte aux droits légitimes du Maroc ou dévoyer le processus de règlement, des termes de référence fixés.

Collaboration sincère du Maroc avec le Secrétaire général des Nations Unies, ainsi que dans le soutien apporté aux efforts de son Envoyé personnel pour poser les jalons d’un processus politique sérieux et crédible.

Elle se manifeste également à travers les initiatives constructives du Maroc et sa bienveillante attention aux appels internationaux lancés pour trouver une solution politique qui soit durable, qui porte le sceau du réalisme, de l’esprit de compromis et qui s’inscrive dans le cadre de l’Initiative d’autonomie.

Le Maroc est fermement persuadé de la nécessité que, par leurs efforts inlassables pour asseoir solidement la nouvelle dynamique, les Nations Unies tirent parti des leçons et des expériences du passé et évitent notamment les blocages et les insuffisances qui ont entaché le «Processus de Manhasset».

Au niveau domestique, œuvrer pour mettre fin à la politique d’octroi de rentes et de privilèges, pour refuser toute forme d’extorsion prenant prétexte de l’intégrité territoriale du Royaume et pour rejeter son instrumentalisation.

Assurer le développement des Provinces du Sud, dans le cadre du nouveau modèle de développement. Le Sahara marocain [doit] renoue avec sa vocation séculaire : être le trait d’union précurseur entre le Maroc et sa profondeur africaine, géographique et historique.

En parallèle, la mise en œuvre opérationnelle de la régionalisation avancée contribue à faire émerger une véritable élite politique, qui assure une représentation démocratique effective des habitants du Sahara et qui, dans un climat de liberté et de stabilité, les met en capacité d’exercer leur droit à une gestion autonome de leurs affaires locales et à un développement intégré de leur région.

Un retour à l’UA multidimensionnel sans porter atteinte à l’intégrité territoriale

C’est dans cette optique qu’a été inscrit le retour du Maroc à l’Union Africaine dans une logique de clarté et d’ambition.
De fait, la décision du Maroc de réintégrer sa famille institutionnelle n’avait pas uniquement pour dessein de plaider la Cause du Sahara marocain, étant donné que la plupart des Etats africains partagent d’ores et déjà la position du Maroc à ce propos.

Outre la volonté de marquer la fierté d’appartenir à l’Afrique, cette démarche a été motivée par l’adhésion à la dynamique de développement à l’œuvre dans le Continent, par le souci de relever les multiples défis auxquels ce dernier est confronté, sans renoncer pour autant aux droits légitimes et aux intérêts supérieurs.

Le Roi se félicite des résolutions du dernier Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine, qui s’est tenu à Nouakchott, car elles sont en accord avec les positions et les principes internationaux pertinents.

Cette position constructive, empreinte de sagesse et de hauteur de vue, en finit avec les trop nombreuses manœuvres qui, au sein de l’Union Africaine, faisaient perdre à l’Afrique et à ses peuples un temps précieux, celui-là même qui aurait dû être employé à bon escient pour promouvoir le développement des pays africains et favoriser leur intégration.

Dans le même état d’esprit, le Maroc s’emploiera à développer des partenariats économiques efficients, générateurs de richesse, avec différents pays et divers groupements économiques, y compris l’Union européenne. Néanmoins, nous n’en accepterons aucun qui pourrait porter atteinte à notre intégrité territoriale.

Il importe avant tout que ces partenariats soient expressément bénéfiques et, au premier chef, à la population du Sahara marocain, en ayant un impact positif sur leurs conditions de vie et en leur permettant de jouir, à l’intérieur de leur patrie, d’un climat de liberté et de dignité.

La commémoration de l’anniversaire de la Marche Verte dépasse, au regard de sa portée symbolique et de sa dimension patriotique imprescriptible, la seule célébration d’un événement historique.

L’épopée de la Marche Verte illustre, de manière éloquente, l’attachement indéfectible du peuple marocain à son droit légitime de parachever l’intégrité territoriale du Royaume, ainsi que son ferme engagement à consentir les sacrifices nécessaires pour en assurer la défense.

Cette constante et inébranlable orientation prend source dans le consensus national et la mobilisation générale qui s’articulent autour de la volonté d’assurer le développement intégré du pays, de préserver son unité, sa sécurité, sa stabilité.