El Omari serait-il à l’origine d’une crise diplomatique entre le Maroc et la Turquie?

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Les remous suscités par la tribune signée par le secrétaire général du PAM et relayée sur le site officiel du parti sont de plus en plus forts. L’ambassadeur turc au Maroc est sorti de son silence pour répondre aux propos de Ilyas El Omari concernant le référendum constitutionnel qui a eu lieu le dimanche 16 avril dernier.

El Omari s’est attiré les foudres de la Turquie en déclarant que « le régime dirigé par Erdogan vise à restaurer le Califat islamique ». Des propos considérés par Ankara comme des clichés « inexactes et relevant de l’imaginaire ».

Dans un communiqué officiel, l’ambassadeur Turc à Rabat a dénoncé fermement les allégations du président de la région de Tanger-Tétouan-El Hoceima, allant jusqu’à affirmer que ce genre de déclarations seraient à même d’entacher les relations diplomatiques entre le Maroc et la Turquie. « La tribune reprise par les médias marocains comporte des pré-jugements et des allégations qui ne pourront en aucun cas contribuer au développement des relations fraternelles entre le Maroc et la Turquie », a commenté dans ce sens l’ambassadeur.

Afin de mettre fin à tout amalgame, le diplomate turc a exprimé son mécontentement vis-à-vis des propos d’El Omari qui soutiennent que le régime politique en Turquie trouve ses racines dans les idées de la confrérie des « Frères musulmans », fondée par Hassan Al-Banna, précisant que le référendum constitutionnel ne touche pas aux fondements majeurs du pays. « Les amendements constitutionnels, qui ont touché 18 articles de la constitution turque, visent à changer le mode de gouvernance, alors que la constitution de l'Etat comprend toujours les principes qui font de la Turquie un pays démocratique, laïc et social, dominé par le droit et le respect des droits de l'Homme en pleine conformité avec ses obligations internationales », explique la même source.

Le communiqué de la représentation diplomatique turque au Maroc indique, par ailleurs, que le référendum a connu un taux élevé de participation (85%), ce qui pourrait être considéré comme un exemple à suivre pour les autres nations. Il a également rappelé la « détermination de la Turquie, plus que jamais, à protéger et à développer les valeurs de la modernité qui sont les siennes à même de les répandre davantage dans le monde contemporain ».

Dans son analyse controversée, El Omari avait également auguré « des guerres civiles, religieuses, civilisationnelles et culturelles » en Turquie, ainsi qu’un affrontement entre les puissances de la région, à cause des positions d’Erdogan. Pour les prédictions rien n’est sûr, mais Ilyas El Omari n’a pas tout à fait tort dans son analyse. Seule question qui compte, était-ce opportun ?