En prêtre confesseur, il est génial Abdalilah Benkirane

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L’ancien chef du gouvernement et ex-chef de fil du PJD a reçu récemment chez lui Abderrahim Bouaida, jusque-là cadre du RNI et ancien président de la Région Guélmim-Oued Noune, démis de son poste par le ministère de l’Intérieur après un long blocage des travaux du Conseil de la Région ; Abderrahim Bouaida ayant été incapable de créer un consensus entre la majorité et l’opposition.

Pour le remplacer, le choix est tombé sur une autre Bouaida, Mbarka, fille de son père, l’un des fondateurs du RNI, elle aussi figure du parti de Aziz Akhannouch, ancienne ministre et néanmoins cousine germaine de président déchu de la Région.

Dans un premier temps, le cousin semblait s’accommoder de cette nouvelle situation qui a vite fini par lui déplaire. A la recherche d’une sortie, Abderrahim Bouaida a été frappé à la porte de Abdalilah Benkirane qui l’a reçu les bras grands ouverts. A en croire Alousboue Assahafi, il envisagerait de rejoindre les islamistes du PJD, son ancienne opposition au sein de la Région.

Le hic dans cette information n’est pas l’évolution du cousin de la cousine sur la scène politique, s’il veut s’offrir une cure de jouvence politique, c’est son problème en même temps que son droit et sa liberté irréfragables.

L’os est plutôt chez Abdalilah Benkirane qui a gratifié son visiteur d’une appréciation flatteuse : « Un homme excellent » a-t-il jugé, comme à son habitude, sentencieusement. Ce que A. Bouaida n’était certainement pas encore à ses yeux quand il ferraillait contre les membres PJD du Conseil de la Région.

Ce n’est pas la première fois que l’ex-chef du gouvernement trouve subitement des vertus à des gens qu’il vouait aux gémonies auparavant. Le cas le plus éloquent est celui de Samir Abdelmoula, ex-député PAM et ex-président du Conseil Municipal de Tanger, un ennemi à abattre tant qu’il officiait chez les pamistes. Dès leur première rencontre, quand Abdelmoula a rompu les amarres avec l’ex-parti d’Ilyas El Omari, il s’était trouvé exactement aux yeux de l’ex-patron du PJD, dans la même situation actuelle de l’ex-président de la Région de Guélmim-Oued Noune : Un garçon bien sous tous rapports.

On dira que c’est de bonne guerre, mais l’homme religieux et pieux qu’est Abdalilah Benkirane doit savoir qu’en absolvant ainsi de leurs pêchés antérieurs tous ceux qui viennent dans son confessionnal se repentir de leurs supposées erreurs politiques, il se met dans la position du prêtre confesseur, directeur de conscience. Et ça ce n’est pas catholique, ni très musulman d’ailleurs, l’absolution étant en Islam de la seule compétence du divin.