Expulsion des Marocains en 1975 : L’OMDH pourrait poursuivre l’Algérie pour crime contre l’humanité

5437685854_d630fceaff_b-
3393
Partager :

Le groupe onusien de travail sur les disparitions forcées ou involontaires (GTDFI), basé à Genève, en réunion du 5 au 20 mai, se penche sur le traitement de plusieurs dossiers de disparition,  dont celui des trois Marocains survenus au moment de l'expulsion arbitraire des Marocains d'Algérie en 1975

Le président de l'Organisation Marocaine des Droits Humains (OMDH), Boubker Largo nous a confié ce jeudi 11 mai, que « le troisième cas a été présenté cette semaine à la présidente du groupe onusien (GTDFI) » avant d’ajouter qu’ « au cas où l’OMDH regroupe 3 à 4 autres cas de disparition dans ce sens, elle poursuivra l’Algérie pour crime contre l’humanité auprès de la cour pénale internationale à La Haye ».   

Parmi les cas de disparition, il y a celui de Hasna K. native de Meknès mais qui résidait à Alger, elle avait à peine 12 ans au moment des faits. Elle se trouvait à la frontière, côté algérien, en compagnie de ses parents et de son frère jumeau le 14 novembre 1975.

Une autre disparition répertoriée concerne Omar Z., né en Algérie en 1929. Il a été arrêté et emprisonné à Sidi Bel Abbes alors que sa famille a été expulsée. Ses proches n’ont jamais eu de nouvelles sur son sort.

Le dossier des violations subies par les Marocains déportés par les autorités algériennes reste toujours d’actualité, a estimé M  Largo, rappelant que l’OMDH œuvre en collaboration avec d'autres ONG afin de faire connaître cette tragédie et réclamer justice pour les familles victimes d’expulsion arbitraire.

Au cours de cette réunion, l’accent a été  mis sur les moyens offerts par le droit international aux victimes de ce genre de graves violations ainsi qu’aux ayants droit pour accéder à la justice et à une réparation des préjudices subis. « Il s’agit surtout de faire connaître la vérité et de déterminer les responsabilités », a relevé le président de l’OMDH qui réclame une indemnisation pour les familles concernées.

Ont pris part au débat Mohamed Hamzaoui, secrétaire général de l’Association des Marocains Victimes d’Expulsion Arbitraire d’Algérie (AMVEAA), Rachelle Kouassi, chercheuse à l’Académie de Genève, Chongsi Ayeah Jaseph, directeur du centre pour les droits humains et la promotion de la paix (Cameroun) et Yasmine Hasnaoui, responsable au sein de l’organisation américaine Global Ties.

Cette rencontre organisée au Palais des Nations a été modérée par Fatiha Saidi, ancienne députée bruxelloise et ancienne membre du Conseil de l’Europe.