Le Maroc condamne la décision des Etats-Unis de reconnaître Al-Qods comme capitale d’Israël

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"Suite aux informations faisant état d'une possible annonce par les Etats-Unis d’Amérique d’une reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël et le transfert de l’ambassade américaine vers la ville sainte, le roi Mohammed VI a eu un entretien téléphonique avec le président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas

A cette occasion, le roi, en tant que souverain du royaume du Maroc et président du Comité Al Qods issu de l’Organisation de la Coopération Islamique, a réitéré la solidarité forte et constante du royaume avec le peuple palestinien frère dans la défense de sa cause juste et de ses droits légitimes, notamment concernant le statut d’Al Qods Al-charif.

Le roi a, également, exprimé sa réprobation vigoureuse de toute action de nature à compromettre le caractère multi-confessionnel de la Ville Sainte, ou altérer son statut juridique et politique.

Pour sa part, le président palestinien, tout en saluant le rôle et l’action du roi, a déploré qu’une telle initiative inappropriée soit à l’agenda de l’administration américaine. Il a exprimé la profonde préoccupation de l’Autorité palestinienne quant à ses conséquences graves sur le processus de paix au Moyen Orient et sur la sécurité et la stabilité dans la région.

Le roi et le président palestinien ont convenu de maintenir un contact direct et une concertation permanent sur cette question, ainsi qu’une coordination étroite entre les deux gouvernements, afin d’identifier, de concert, les démarches à entreprendre et les actions à mener".

De son coté, le ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale a indiqué que le Maroc exprime sa profonde inquiétude et sa vive condamnation de la décision des Etats-Unis de reconnaître Al-Qods comme capitale d’Israël et de transférer son ambassade à cette ville sainte.

Une telle initiative s’inscrit en contradiction flagrante avec la légalité internationale et plus particulièrement les deux résolutions 2253 et 2254 de 1967 de l’assemblée générale des Nations Unies, ainsi qu’avec les conventions conclues et les ententes entre les deux parties, palestinienne et israélienne, précise le ministère dans un communiqué.

Cette démarche, ajoute la même source, constitue une altération du statut politique de la ville d’Al-Qods, ainsi qu’une anticipation incompréhensible des résultats du processus des négociations, le sujet d'Al-Qods étant une des questions du statut final dans le cadre de la solution de deux Etats.

Une telle décision est de nature à impacter négativement les efforts intenses que l’administration américaine ne cesse de déployer en vue de relancer le processus politique. Elle peut même anéantir définitivement les chances qui restent de réaliser la paix dans la région, souligne le MAECI, qui met en garde contre le fait qu’Israël peut utiliser cette décision pour poursuivre sa politique systématique de judaïsation de la ville sainte et effacer ses aspects religieux et spirituel.

Le ministère note également que cette orientation, vue sa gravité exceptionnelle, pourrait menacer la sécurité et la stabilité d’une région où règne déjà une atmosphère de tension, exacerber les sentiments de colère, de frustration et d’animosité et amplifier les manifestations de violence et d’extrémisme.

Le Maroc insiste sur la nécessité de préserver le statut historique, légal et politique d’Al Qods et appelle les Nations Unies, notamment les membres permanents du Conseil de sécurité, à assumer pleinement leurs responsabilités afin d’éviter tout ce qui est de nature à porter atteinte à ce statut ou à saper les efforts internationaux pour le règlement du conflit palestino-israélien, souligne le ministère.

Tout en réaffirmant son soutien inconditionnel et sa solidarité permanente avec le peuple palestinien frère dans la défense de ses droits légitimes, le royaume du Maroc appelle à ce que la question d’Al Qods soit traitée avec toute la sagesse et la raison nécessaires eu égard à la symbolique de la ville et sa particularité chez les disciples des trois religions célestes, poursuit la même source.

Le MAECI indique, dans ce cadre, que conformément aux orientations du roi Mohammed VI, le Maroc œuvrera, en coordination avec la partie palestinienne et les autres parties arabe et islamique, à conjuguer les efforts afin de faire face à ce développement dangereux.

Pour le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, la ville d’Al-Qods est une "question de statut définitif" qui doit être réglée par le biais de négociations directes entre Palestiniens et Israéliens, a affirmé  son porte-parole en réaction aux informations sur l’intention de l’administration américaine de reconnaître Al-Qods comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade des Etats Unis.

"Nous avons toujours considéré (Al-Qods) comme une question de statut définitif qui doit être réglée à travers la négociation directe entre les deux parties sur la base des résolutions pertinentes du conseil de sécurité", a déclaré à la presse Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU.

Il a rappelé, à cet égard, que Guterres "a constamment mis en garde contre toute action unilatérale qui aura le potentiel de compromettre la solution des deux Etats".

Pour rappel, le roi Mohammed VI, en sa qualité de président du comité Al-Qods, avait adressé un message au président des Etats Unis d’Amérique, Donald Trump.