Le RNI à Essaouira sur fond de crise de la langue de l’enseignement

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« Veillez à l’enseignement de vos enfants et apprenez leur les langues [étrangères] pour leur assurer un avenir prometteur ». Après le « que l’on ne vous raconte pas des histoires » de Dakhla, le président du RNI a fait à Essaouira une nouvelle sortie contre le discours de la récupération pratiquée par le PJD et autres « identitaires » qui ont fait de ce créneau un crédo politique.

Même si Aziz Akhannouch et ses amis du RNI mettent les formes, les « rassemblistes » (tajamouiyine) sont sans équivoque sur l’expression de leurs regrets devant le rétropédalage de « partenaires politiques », un euphémisme qui va comme un gant au PJD, sur l’accord de voter la loi cadre de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique de nouveau bloquée au parlement en raison de profondes divergences politiciennes sur les langues d’enseignement des matières scientifiques.

Après Tanger pour le Nord, Azilal pour la région Bénimelal-Khénifra, Nador pour l’Oriental et Dakhla pour Dakhla-Oued Eddahab, Essaouira pour Marrakech-Safi est la cinquième étape d’un périple qui devrait mener la direction et les cadres du RNI dans les douze régions du royaume dans le cadre d’une politique de proximité et de contacts directs avec les électeurs.

A chaque escale, le RNI déroule pour ses weekends studieux le même programme : réunion du Bureau politique, vaste concertation avec les responsables régionaux et contacts directs avec les populations locales pour leur porter la parole du parti et écouter leurs doléances. Avec une innovation à Essaouira, la mise ne place d’une nouvelle tradition dans les travaux du Bureau politique, l’ouverture de son huis clos à des représentants de la société civile.

A l’ordre du jour, la visite du Pape évènement majeur dans l’agenda de la diplomatie royale de Mohammed VI, et bien naturellement le soutien irréfragable à la recherche d’une solution politique au conflit du Sahara.  

Mais c’est bien sûr la question des langues de l’enseignement qui accapare l’attention que ce soit dans les apartés avec les citoyens ou lors du meeting qui s’est tenu dans la commune rurale de Imntlit, à 75 km du bon vieux Mogador.

Aziz Akhannouch, soutenu par le duo oratoire que composent désormais Mohammed Aujar et Talbi Alami, est parti à la chasse des fakenews et fausses-bonnes causes.

Il regrette ainsi, et le fait savoir, la rupture du consensus au parlement autour du projet de loi-cadre de réforme de l’enseignement et appelle les partis à faire passer l’intérêt général devant les calculs étriqués et partisans.

Mais le président du RNI avait encore plus à cœur d’expliquer qu’il n’est pas question de mettre en concurrence l’arabe ou l’amazigh avec les langues étrangères, mais de doter les générations futures de marocains des moyens de faire face à un monde de plus en plus ouvert à la compétition sans merci sur l’innovation et les sciences. C’est notamment le sens qu’il donne à son injonction : assurez à vos enfants un avenir prometteur.

Pour mettre fin à toutes les spéculations sur la menace que représenteraient les langues étranges pour l’arabe et l’amazigh, le RNI s’interroge sur le retard pris par l’adoption des textes de loi sur l’amazigh et la culture amazighes et invite les députés à faire montre de plus d’entregent dans l'élaboration et leur discussions.

Toutefois Aziz Akhannouch se montre prudent quand on lui demande s’il irait jusqu’à approuver une remise en jeu de la confiance au gouvernement demandée à Sâadeddine El Othmani par le chef de l’opposition istiqlalienne, Nizar Braka.

Interrogé à ce sujet, le président du RNI a répondu que «s’il n’y a pas un retour rapide au consensus, une crise de confiance au sein du gouvernement finira pas s’installer». Une déclaration en somme en demi-mesure qui n’exclut pas non plus une possible complication du blocage actuel, du fait du groupe parlementaire islamiste, qui appellerait à des positionnements plus radicaux.