Le serviteur du roi

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Driss Basri était plus un mystère qu’une énigme, que les gens percevaient à travers les ouï-dire, fatalement déformant, amplifiant et/ou embellissant. Pour la génération de la dernière décennie du règne de Hassan II, il y a dans l’ouvrage de quoi assouvir leur appétit du passé. Pour les historiens, des faits et des détails qui pourraient leur servir d’entrée en matière à cette époque

Le serviteur du roi, c’est le titre du cinquième tome des mémoires, Ayam zamane,  de Seddik Maaninou. Elles viennent de sortir des imprimeries Dar Abi Reqraq.

Le serviteur du roi vu par S. Maaninou ne pouvait être que Driss Basri, celui qui fut pendant un quart de siècle le tout puissant ministre de l’intérieur auquel il va adjoindre pendant dix ans celui de la communication, ce qui va permettre à l’auteur des mémoires, alors secrétaire général de ce département, de ce rapprocher un peu plus du grand vizir qu’il situe dans la lignée de Ba Hmad, El Moqri et autres Oufkir.

La série Ayam zamane, les jours d’antan, porte en elle la nostalgie d’une époque, forcément plus difficile mais aussi meilleure, rapportée sur le ton d’une grand-mère d’autrefois racontant des contes à ses petits enfants.

Seddik Maaninou écrit comme il parle, un reporter de radio qui met ses téléspectateurs dans le détail, souvent un peu trop, de l’ambiance des faits qu’il rapporte.

Il promet d’y revenir, mais Driss Basri dans ses mémoires c’est une centaine de pages consacrées à sa vie de ministre de la communication. Décevant pour ceux qui ont vécu, de près, de loin, ou à mi distance, l’époque basrienne. Ils réapprennent ce qu’ils savaient déjà pour avoir vu, vécu, ou entendu le défunt ministre évoluer dans l’étendue de ses pouvoirs.

Driss Basri était plus un mystère qu’une énigme, que les gens percevaient à travers les ouï-dire, fatalement déformant, amplifiant et/ou embellissant. Pour la génération de la dernière décennie du règne de Hassan II, il y a dans l’ouvrage de Seddik Maaninou qui n’est pas entièrement consacré à Driss Basri, de quoi assouvir leur appétit du passé. Pour les historiens, des faits et des détails qui pourraient leur servir d’entrée en matière à cette époque.