Le tour d’horizon de Nasser Bourita : Sahra, Genève, autonomie, Iran et Moyen-Orient

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« La dernière rencontre de Genève sur la question du Sahara marocain a consacré le référentiel du Maroc et des Nations unies dans le processus du règlement de ce dossier ». C’est ce qu’a annoncé Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, lors d’un entretien accordé, mercredi 23 janvier, dans le cadre de l’émission « Bila Houdoud » (Sans frontières), diffusée par la chaîne qatarie Al Jazeera. 

Round de Genève : trois critères

Dans cet entretien, Bourita a précisé que le round de Genève intervient dans un contexte décliné en trois critères, dont le premier est représenté par les référentiels immuables formulés, en 2015, par le Roi Mohammed VI, et qui stipulent clairement qu’aucun règlement de cette question ne peut avoir lieu en dehors de l’initiative d’autonomie, et qu'il n'y aura aucun processus sans l'association des véritables parties concernées, en plus du refus catégorique de toute autre houlette outre celle de l'ONU et du rejet de tout débat autour de problèmes marginaux tendant à créer une crise plutôt qu'à trouver une solution.

Le deuxième critère, se réfère aux deux dernières résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU, en particulier la résolution 2440 du Conseil de sécurité qui appelle, notamment, à une solution réaliste, pragmatique et durable fondée sur le consensus, et enjoint l’ensemble des parties prenantes, nommément citées, à participer à ce processus de règlement, alors que la deuxième résolution interpelle les autres parties à ne pas semer la zizanie et à créer des tensions à l’Est ou au Sud du mur de sécurité marocain.

Troisième et dernier critère, le ministre a relevé que les référentiels aussi bien du Maroc que de l’ONU ont permis, au moins, au Royaume d’éclaircir ses positions, lors de la réunion de Genève, et révélé les intentions des autres parties de contribuer à la rechercher d’une solution où plutôt de persévérer sur la voie des manœuvres. La rencontre de Genève, qui intervient après six ans de suspension de contacts, a estimé M. Bourita, a rassemblé toutes les parties concernées par ce différend et qui peuvent participer à y trouver une solution partant de leurs responsabilités et de leur rôle dans cette question.

Autonomie : Un riche contenu

A propos de l’initiative d’autonomie, le ministre a rappelé qu’elle s’est inspirée d’autres expériences antérieures des Nations unies, précisant qu’elle est intervenue sur la demande de l’Organisation onusienne et du souhait de puissances agissantes, d’autant que le Conseil de sécurité l’a qualifiée d'initiative "sérieuse" et de "crédible".

Lorsque le Conseil de sécurité de l’ONU affirme que le contenu de cette initiative est "sérieux", c’est qu’elle est bel et bien sérieuse, a relevé M. Bourita, alors que sa qualification de "crédible" entend qu’elle est susceptible de parvenir à un règlement définitif à cette question, a-t-il dit.

Au sujet du contenu de cette initiative qui s'inscrit, a précisé le ministre, dans le cadre de la souveraineté marocaine et de l'intégrité territoriale du Royaume, "il offre un espace d'exercice des attributions pour le développement de la région et la préservation du patrimoine sahraoui marocain, et permet aux populations de la région de s'investir dans le processus de développement dans le cadre d'institutions locales représentatives et répondant aux besoins et aspirations des habitants".

La richesse du contenu de cette initiative, sur le plan des attributions et structures ainsi que du mode de gestion des ressources financières et naturelles au service du développement de la région, lui a fait gagné le soutien du Conseil de sécurité des Nations unies et de Washington qui l'a qualifiée de "pragmatique", ainsi que celui de la France et de la Grande-Bretagne qui ont jugé "crédibles" les efforts du Maroc, a affirmé M. Bourita, invitant les autres parties à s’y impliquer en raison du "large appui", dont elle bénéficie au niveau international.

Quid du Moyen-Orient ?

Au sujet de la Syrie, M. Bourita a souligné que le Maroc n'a jamais rompu ses relations diplomatiques avec Damas, et il n'est pas donc dans la logique du rétablissement des relations avec ce pays ou réouverture de l'ambassade, notant qu'il y a eu des changements sur le terrain en Syrie qui doivent être pris en compte. Bourita a également indiqué que le Maroc n’a pas opté pour une politique d’alignement mais de médiation.  

Il a dans ce sens mis l'accent sur la nécessité d'un rôle et d'une coordination arabes avant la prise de toute décision, laquelle décision doit s'inscrire dans la logique de contribution à la résolution de la situation actuelle. 

Evoquant le 4è sommet arabe sur le développement économique et social, tenu dernièrement à Beyrouth, le ministre a salué les efforts déployés par le Liban, pays hôte, et la Ligue arabe pour l'organisation de ce conclave dans de bonnes conditions, relevant toutefois que la question principale est de savoir quelles sont les attentes des arabes de ce sommet et si les aspects économique et social font partie aujourd'hui des priorités du système arabe ou s'ils ne constituent que des questions marginales. 

Après la crise de 2009 où le Maroc a pris position aux côtés du Royaume de Bahreïn, dans le cadre des fondements de ses relations avec les pays du Golfe, les relations avec Téhéran ont repris leur cours avant qu’apparaisse de nouveau, malheureusement, des agissements nuisibles aux intérêts du Maroc et à ces causes sensibles, a-t-il ajouté.

Iran : Une question bilatérale

La décision de la rupture des relations avec l'Iran n'était pas prise sous la pression d'une quelconque partie. Il s'agit d'une question bilatérale en rapport avec des agissements qui touchent à la sécurité du Maroc et à sa première cause et s'inscrit dans le cadre de l'indépendance des positions politiques et diplomatiques du Maroc, a relevé M. Bourita. 

Le ministre a saisi cette occasion pour saluer la position officielle positive du Liban, exprimée par le ministre libanais des affaires étrangères lors de sa visite à Marrakech où il a réaffirmé que le Liban soutient l'intégrité territoriale du Maroc et sa souveraineté sur son Sahara.