Lettre, ni ouverte ni fermée, à Abdalilah Benkirane

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Abdalilah Benkirane, Aziz Akhannouch, un duel qui ne fait que commencer

Monsieur Abdalilah Benkirane. Je ne sais plus à quel titre m’adresser à vous. Ancien chef du gouvernement ? Ex-secrétaire général du PJD ? Militant islamiste de base ? Agitateur chevronné ?  Comédien consommé ? Narcissique chronique et que sais-je encore ? Peut-être et sans doute plus que fort probablement, je sais que ça fait un peu charabia, mais j’essaye de vous imiter, tout cela à la fois. Je suis rarement d’accord avec vous, mais vous m’amusez et c’est pour cette raison que je prends sur moi et sur mon temps de visionner ou de lire vos sorties. C’est vous dire que j’ai suivi avec intérêt et avec le même plaisir votre prestation devant la jeunesse de votre partie. Un vrai western. Vous avez tiré sur tout ce qui bouge et plus vite que votre ombre. Vous seriez né avant la date de votre  naissance, Morris aurait certainement fait de vous le héros de sa BD en 1946 à la place de Lucky Luc. Ce faisant, vous avez fait rire la moitié de la galerie. Et vous avez énervez l’autre moitié, de ceux qui était là et des autres qui vous ont suivi à travers les réseaux sociaux.

Tout votre problème est là. Vous ne pouvez vous empêcher de blesser de façon égale vos amis et ceux que vous considérez comme vos ennemis. Vous jurez votre attachement à l’unité de votre parti au même moment où vous faites tout, sous les applaudissements de ceux qui vous veulent du bien, pour creusez les clivages entre vous et ceux qui ont fait le gouvernement sans vous, les mêmes qui vous ont barré la voie à un troisième mandat à la tête du PJD. A trop les prendre de haut et à force de faire rire à leurs dépens, vous en faites des irréductibles alors même que vous savez qu’au dernier congrès de votre parti, vos partisans n’ont pas réussi à obtenir la majorité requise pour que votre candidat au poste de secrétaire général y accède. Conclusion : vous êtes populaire, mais minoritaire au sein même de votre parti. Je n’arrive pas à comprendre comment vous ne vous en rendiez pas compte.

De la même manière, à l’extérieur de votre parti, vous peinez à dépasser les 10% de l’ensemble des inscrits. Là encore je n’arrive pas à saisir votre entêtement à prétendre représenter seul le pays. Et là encore vous persistez à vouloir cantonner vos concurrents dans des rôles de seconds couteaux en service commandé. Contre votre sublime aura bien entendu. De la même façon que vous avez fait d’Ilias El Omari  du PAM votre tête à claques, vous essayez maintenant de faire de Aziz Akhannouch votre souffre-douleur. Sauf que contrairement à Hamid Chabat, Driss Lachgar et Ilias El Omari qui sont allés jouer sur votre terrain avec moins de talent que vous, vous avez trouvé en le président du RNI un animal à sang froid. Lors du congrès régional du RNI des Marocains du Monde, Aziz Akhannouch a répondu à vos attaques en affirmant que lui et ses amis sont "oulad nass" (des gens éduqués) qui se différencient de vous en parlant « des projets de développement pour faire avancer le pays, alors que [ vous, vous vous perdez] à pointer du doigt les personnes ». Autrement dit il ne veut rien de votre ramage, mais veut voir votre plumage. Et là, à en juger par votre bilan sur la vie des gens, je ne crois pas qu’il y ait grand-chose à montrer.