Monde rural : 50 milliards de dhs qui ne se voient pas

5437685854_d630fceaff_b-
652
Partager :

Le Chef de gouvernement Saâd-Eddine El Othmani a précisé que 20.800 projets bénéficiant à 12 millions de citoyens de 24.290 douars sont prévus dans le cadre de "la stratégie de promotion du monde rural et des zones montagneuses et forestières", censée résorber les déficits enregistrés en matière d'infrastructures et de services sociaux dans ces régions

Lors de la séance mensuelle du 7 mai relative à la politique publique à la Chambre des conseillers, El Othmani a souligné que les indicateurs en matière d'infrastructures et d'accès aux services sociaux connaissent une nette amélioration grâce aux grands programmes dédiés au milieu rural, notant que le taux d'accessibilité aux routes rurales a atteint 79% en 2016 contre 34% en 1994, tandis que l'accès à l'eau potable est estimé à 95% en 2015 contre 34% en 1994, alors que le raccordement au réseau électrique s'est établi à 99% en 2015 contre 18% en 1995.

S'il est vrai que cette portion géographique du royaume a fait l'objet de nombreux programmes et interventions, et que des résultats importants ont été réalisés dans les domaines de la route, de l'eau potable, de l'électricité et de la promotion d'activités économiques non-agricoles, la question de l'efficacité de ces efforts et des interventions publiques se pose de manière pressante « compte tenu des défis auxquels notre pays fait face dans le domaine du développement rural », a relevé El Othmani.

Le renforcement de la compétitivité du monde rural

A cet égard, il a noté que les déficits enregistrés dans ces domaines ont un impact négatif sur la compétitivité de l'économie rurale et, ce faisant, sur le niveau de vie des populations rurales.

 Sur ce même registre, El Othmani a fait savoir que les interventions publiques en matière d'éducation ont abouti à d'importants résultats avec la création de 345 établissements scolaires, 77 écoles communales et 194 internats en milieu rural entre les années scolaires 2011-2012 et 2014-2015, ajoutant qu'au cours de cette même période, 519 établissements scolaires ont été réhabilités, 261 raccordés à l'eau potable et à l'électricité, tandis que 544 salles préfabriquées ont été remplacées, sans oublier que 63% des bénéficiaires de l'initiative "Un million de cartables" sont issus du milieu rural.

 Dans le domaine de la santé, le chef de gouvernement a mis en relief l'action en faveur du renforcement et de la diversification de l'offre sanitaire en milieu rural qui a été étoffée par la construction, l'élargissement et l'équipement de nouveaux établissements de soins de santé de base qui sont passés de 1.938 en 2011 à plus de 2.000 en 2015, outre la création de près de 3.070 nouveaux postes pour les professionnels de la santé et 171 logements de fonction en faveur des infirmiers et des médecins exerçant en milieu rural.

Il a également été procédé à la création et à la mise en œuvre d'unités d'urgence de proximité qui sont au nombre de 90 actuellement, réparties entre les 12 régions, alors que la prise en charge des cas urgents a été renforcée via l'acquisition de 327 ambulances et 4 unités de transport héliporté (Marrakech, Tanger, Oujda et Laâyoune), a-t-il rappelé, évoquant la mise en œuvre de programmes annuels d'unités médicales mobiles dont les interventions sur le terrain sont passées de 5.500 en 2009 à 12.618 en 2015.

 La priorité aux centres ruraux

Pour ce qui est de l'aménagement du territoire national et de l'habitat, le chef de gouvernement a assuré que l'accent est mis sur la réhabilitation et le développement de centres ruraux naissants, à travers la réalisation des documents d'urbanisation les concernant, précisant que le taux de couverture en documents d'urbanisation dans les régions rurales a atteint 75% et que les efforts se poursuivront pour couvrir le plus grand nombre possible de ces points. 

Par ailleurs, quatre conventions ont été signées à fin 2016 avec quatre régions, a-t-il dit, indiquant que ces conventions portent sur la réhabilitation de 369 communes rurales avec une enveloppe budgétaire de 2,6 MMDH (Régions de Drâa-Tafilalet, Oriental, Béni Mellal-Khénifra et Guelmim-Oued Noun).

Pour sa part, le secteur de l'artisanat a contribué, à la lumière de la vision 2015 pour le développement du secteur, à la diversification des sources de revenus et la création de la valeur ajoutée, et ce à travers la création de 7 villages d'artisans (15 autres sont en cours de réalisation), la construction et l'équipement de 62 maisons d'artisans depuis 2010, alors que 20 autres maisons sont en cours de construction et 12 programmées au titre de l'année 2017.

 Une Hausse de 48% du revenu individuel de l'agriculteur

Pour ce qui est du secteur agricole, le Plan Maroc Vert a permis d'augmenter de 48% le revenu individuel de l'agriculteur, a indiqué Saad Eddine El Othmani, expliquant cette situation par la hausse de la part des autres composantes hors céréales, ainsi que par la place importante qu'occupe l'élevage (27,7%), lequel commence à jouir d'un rôle primordial en matière de performance agricole.

 De même, le chef de gouvernement a assuré que le programme de mise à niveau territorial au titre de la période 2011-2015 ambitionne de désenclaver un total de 503 communes rurales, relevant de 22 provinces ainsi que le renforcement de leurs infrastructures, avec un coût global de 5 MMDH.

 Sur un autre registre, les zones montagneuses qui abritent plus de 60% des forêts recèlent plus du tiers des surfaces cultivables à l'échelle nationale et comptent le tiers de la population du Maroc, sont confrontées à plusieurs difficultés, dont une faiblesse de la productivité des ressources en raison des spécificités naturelles de ces zones, outre un manque de diversification des activités économiques, a fait remarquer le chef du gouvernement.

C'est dans ce sens que l'orientation stratégique dédiée à la promotion de ces zones repose notamment sur la mise à niveau des systèmes forestiers ainsi que la valorisation des produits forestiers via notamment le développement des chaînes de valeur, a-t-il indiqué.

Une meilleure gouvernance pour fluidifier les interventions publiques

Ainsi, dans sa nouvelle approche, le gouvernement misera sur le principe de gouvernance, afin de garantir la fluidité des interventions publiques en milieu rural, à travers le lancement de projets de développement rurale impliquant l'ensemble des partenaires locaux, outre le renforcement de la coopération et de la contractualisation avec les acteurs locaux, tout en tenant compte des principes de la régionalisation avancée.

Dans un souci de garantir les critères institutionnelles nécessaires à la réussite de cette stratégie et à l'optimisation du niveau de coordination entre l'ensemble des acteurs nationaux et locaux, El Othmani a assuré que le gouvernement adoptera des mécanismes de gouvernance à même de renforcer cette coordination notamment en termes d'élaboration des programmes et plans d'action, à travers notamment l'activation du rôle des comités techniques y afférents.