PPS : Brève chronique d’un départ annoncé et sans conséquences

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Le bureau politique du Parti du progrès et du socialisme (PPS) qui s’est fendu d’un long communiqué, a décidé, mardi à « l'unanimité », de se retirer du gouvernement et annoncé son intention de soumettre sa décision pour approbation au Comité central du PPS qui doit se réunir vendredi. 

Cette décision ne surprend personne tant elle était dans l’air depuis un bon bout de temps. Le PPS qui bat les records, avec l’USFP, de longévité gouvernementale depuis 1998 où il est arrivé au gouvernement dans les bagages de Abderrahmane youssoufi, avait réussi le tour de force de détenir un nombre de portefeuilles surdimensionné par rapport à son capital électoral. 

Le PPS devait quitter le gouvernement d’autant plus que Abdalilah Benkirane qui tenait à lui dans son bras de fer avec l’entourage royal, l’avait précédé sur la voie de la sorite. En vérité, le PPS aurait dû tirer sa révérence quand Nabil Benabdellah, secrétaire général du parti, a été prié de quitter la table, son départ humiliant du gouvernement prenant alors la forme d’une sanction. Or dans la conjoncture actuelle, Saadeddine El Othmani qui est dans une configuration politique et psychologique autre que celle de son prédécesseur à la tête du gouvernement, contraint de réduire son cabinet, ne tient pas beaucoup à la participation des anciens communistes.

Abordé ainsi, le long communiqué du PPS n’est qu’ergotage. Le voici par souci d’information :    

"Le PPS a constaté avec regret que le gouvernement reste, depuis son investiture, prisonnière d'une logique de gestion en manque d'inspiration politique lui permettant de mener à bien l'étape actuelle et les dossiers qui s'imposent", a expliqué le bureau politique dans un communiqué.

Or, a-t-il ajouté, "un climat négatif de mésentente a marqué les relations entre les composantes de l'exécutif, des relations qui sont caractérisées par des pratiques politiciennes inadmissibles". "A cet égard, l'esprit de compétition électoraliste a pris le pas sur toute autre chose dans la perspective de l'échéance des législatives de 2021, un état de fait qui a semé un sentiment de désespoir chez de larges franges de la société qui ont perdu confiance dans l'action politique", souligne le communiqué.

Le bureau politique pointe du doigt aussi l'incapacité du gouvernement à répondre positivement et avec célérité aux revendications sociales pressantes de certaines catégories sociales, au moment où la croissance économique est clairement au ralenti.

Sans oublier, a-t-il poursuivi, que l'actuel modèle de développement semble incapable d'apporter des réponses appropriées aux problématiques posées en termes d'économie et de justice sociale et spatiale.

Cette situation n'a fait qu'accentuer les sentiments de malaise et d'attentisme chez un large pan de la société, un constat périlleux contre lequel le PPS avait mis en garde à maintes reprises et alerté sur le danger qui plane sur l'avenir du pays et le projet de réforme escompté.

Le parti a en outre considéré que "l'exécutif n'a pas réussi à assumer politiquement un certain nombre d'initiatives et de mesures de réforme, de sorte à garantir l'adhésion effective des catégories sociales concernées et à mobiliser l'opinion publique autour du projet de réforme en faveur duquel s'est engagé le gouvernement".

"Le PPS note avec fierté les contenus importants des discours royaux prononcés dernièrement, lesquels invitent le gouvernement à adopter des initiatives en vue de concrétiser les réformes requises dans divers domaines, notamment ceux liés directement à la vie quotidienne des citoyens", relève le communiqué, notant que l'exécutif "n'a pas été au rendez-vous".

Le discours du Trône de 2019, a-t-on précisé, représente une étape essentielle en ce sens que SM le Roi a dressé un diagnostic des défaillances de l'action gouvernementale et insisté sur l'impératif de traiter avec sérieux la problématique de la création des richesses et des emplois ainsi que la question de la justice sociale et spatiale. C'est sur cette base que le Souverain a appelé à opérer des changements au niveau des postes de responsabilité au sein du gouvernement et de l’administration.

"C'est ainsi que depuis le début des concertations menées par le chef du gouvernement sur le remaniement ministériel, le PPS a veillé à donner la priorité de la dimension politique dans tout remaniement qui doit être fondé sur un programme ambitieux de réforme, porté par une volonté politique et une présence continue sur le terrain à même d'enclencher la mobilisation escomptée", a-t-il poursuivi.

Dans le même contexte, le PPS a déploré que les concertations s'inscrivent dans une logique d'attribution des portefeuilles ministérielles, sans entrer dans le vif du sujet, dans la mesure où il n'y aurait pas de réforme sans conception politique claire, sans programme gouvernemental ambitieux et sans volontarisme dans la conduite de la réforme.

Partant de ce constat, le bureau politique du parti considère que la situation actuelle de la majorité n'est pas de bon augure dans la perspective de l'année électorale 2021. Face à cet état de fait, le gouvernement ne semble pas en mesure de s'acquitter de ses lourdes missions, ni de répondre de manière adéquate aux directives royales relatives au remaniement ministériel, conclut le communiqué.