Sommet de l’UA : Terrorisme et conflits, quand ce n’est pas l’un c’est l’autre

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Le 33ème sommet de l’Union Africaine (UA) a été marqué par le discours réquisitoire de Moussa Faki dans lequel il a dressé un tableau sombre de la situation continentale et de l’énorme hiatus entre le discours et les actes des Etats africains, n’hésitant à prédire que si la situation continue ainsi, des Etats risquent tout simplement de disparaitre. 

La situation en constante détérioration au Sahel, e conflit inter libyen, la persistance des conflits en Afrique et « l’accord du siècle » dominé les travaux du Sommet. 

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Le Maroc seul pays africain à contribuer au Programme d’Investissement Prioritaire du G5 Sahel

Sur la question du Sahel, le Maroc a appelé, samedi à Addis-Abeba à une stratégie globale et intégrée fondée sur une solidarité agissante de tous les pays du continent pour faire face à la menace terroriste dans la région du Sahel.

«Il nous faut mettre en place une stratégie globale et intégrée fondée sur une solidarité agissante de tous les pays du continent et ainsi mutualiser nos efforts pour juguler ces fléaux et empêcher leur dissémination», a indiqué le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’Etranger, M. Mohcine Jazouli, lors d’une réunion de haut niveau du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) consacrée à la situation au Sahel et à la crise en Libye.

Les approches partielles, les démarches sélectives et les ripostes parcellaires des pays de la région sont insuffisantes, a souligné M. Jazouli, lors de cette réunion qui s’est déroulée en présence notamment de M. Ismail Omar Guelleh, Président de Djibouti, en sa qualité de Président du CPS pour le mois en cours, de M. Abdelfattah Al-Sissi, Président égyptien, président sortant de l’UA, de M. Denis Sassou N’Guesso, Président de la République du Congo, de M. Antonio Guterres, Secrétaire-Général de l’Onu, et de M. Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’UA.

Le ministre délégué a rappelé que le Maroc s’est toujours employé à promouvoir une approche globale, inclusive et intégrée, sous-tendue par les principes de solidarité et d’intégration régionale et inter-régionale et basée sur le triptyque Sécurité-Développement-Formation.

Le Royaume «a partagé avec ses frères africains cette approche qui ne se limite pas uniquement à la dimension sécuritaire et militaire», a-t-il relevé, précisant que cette approche intègre le développement économique et humain ainsi que la préservation de l’identité culturelle et cultuelle des populations de ces régions.

Il a rappelé, dans ce contexte, le soutien apporté par le Maroc à la mise en place du Collège de Défense du G5 Sahel à Nouakchott et son appui à sa construction, à son équipement, à l’établissement des cursus et à la formation des formateurs.

Le Maroc a également dispensé de nombreuses formations dans les établissements marocains de formation militaire et mis à disposition de l’Ecole de Maintien de la paix « Alioune Blondin Beye » de Bamako des officiers pour dispenser des formations, a-t-il dit, ajoutant qu’à ce jour, l’institut Mohammed VI de Formation des Imams a formé près de 1500 prédicateurs et prédicatrices pour contribuer à préserver les valeurs authentiques de tolérance de l’Islam en Afrique, tandis que près de 5000 étudiants se sont vu octroyés des bourses pour l’année académique 2018-2019 dans les établissements universitaires et de formation marocains.

Dans le cadre de la mobilisation des ressources financières, le Maroc est le seul pays africain à contribuer financièrement aux différents axes de la 1ère phase 2019-2021 du Programme d’Investissement Prioritaire du G5 Sahel, notamment l’agriculture, les ouvrages hydrauliques, la formation et le renforcement des capacités, a poursuivi le ministre délégué, réaffirmant l’attachement indéfectible du Royaume du Maroc à la région du Sahel.

«Nos liens sont historiques, culturels et cultuels et notre engagement à apporter notre pierre au développement de cette région est ferme, sincère et inébranlable», a-t-il souligné.

Sahara : Seule l’ONU est compétente

Le Président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a confirmé, dimanche à Addis-Abeba, l’exclusivité des Nations Unies dans la résolution de la question du Sahara marocain.

Dans son intervention à l’ouverture de la 33ème  Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, M. Moussa Faki a précisé que conformément à la décision 693 du Sommet de Nouakchott, la Troïka de l’UA apportera un soutien efficace au processus mené par les Nations unies, qui est le cadre volontairement choisi par les parties pour une solution politique durable.

Il est à rappeler que la décision 693 du Sommet de Nouakchott a réaffirmé le soutien au processus onusien en cours pour trouver une solution politique mutuellement acceptable à ce différend régional.

Pour bien souligner l’exclusivité de l’ONU sur ce dossier, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’Etranger, Nasser Bourita, a réitéré, dimanche à Addis-Abeba, l’exclusivité de l’Onu en tant que cadre pour trouver une solution à la question du Sahara marocain.

La position est claire depuis le départ, à savoir que la question du Sahara marocain est entre les mains des Nations-Unies, qui demeurent l’unique cadre pour trouver une solution à ce conflit conformément à la légalité internationale, a dit M. Bourita dans une déclaration à la presse à l’issue de la séance d’ouverture du 33è sommet de l’Union africaine (UA).

Le ministre a rappelé, dans ce contexte, que le Président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a confirmé, lors de la séance d’ouverture de ce sommet, l’exclusivité de l’Onu dans la résolution de la question du Sahara marocain.

Libye : L’accord de Skhirat comme base de référence

L’Accord politique de Skhirat de 2015 constitue une référence pour parvenir à une solution à la crise libyenne, a affirmé, samedi à Addis-Abeba, le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’Etranger, M. Mohcine Jazouli.

«L’Accord politique de Skhirat, du 17 Décembre 2015, constitue une référence pour appréhender les nouvelles réalités et parvenir à une solution qui mettra non seulement fin aux hostilités ouvertes, mais aussi aux rivalités passées afin d’unifier les forces militaires libyennes», a dit M. Jazouli lors d’une réunion de haut niveau du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’UA consacrée à la situation au Sahel et à la crise en Libye.

Cet Accord, hautement salué par les instances régionales et internationales, n’est pas le résultat de conciliabules diplomatiques, mais le fruit de longues discussions entre les libyens eux-mêmes, a souligné M. Jazouli, lors de cette réunion qui s’est déroulée en présence notamment de M. Ismail Omar Guelleh, Président de Djibouti, en sa qualité de Président du CPS pour le mois en cours, de M. Abdelfattah Al-Sissi, Président égyptien, président sortant de l’UA, de M. Denis Sassou N’Guesso, Président de la République du Congo, de M. Antonio Guterres, Secrétaire-Général de l’Onu, et de M. Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’UA.

Le ministre délégué a exprimé la profonde préoccupation du Royaume face à l’impasse continue dans laquelle se trouve le processus politique libyen en raison de la précarité persistante de l’environnement sécuritaire et humanitaire.

«Cette situation est la résultante directe des ingérences extérieures intéressées dans les affaires intérieures de la Libye, lesquelles sapent les efforts déployés pour asseoir un cessez-le-feu permanent et inconditionnel et compromettent les différentes initiatives internationales visant à asseoir un dialogue inter-libyens», a souligné M. Jazouli.

«Disons-le clairement, les intérêts égoïstes et les agendas étriqués ont pris le pas sur les intérêts suprêmes du peuple libyen», a encore dit le ministre délégué, relevant que malgré la sollicitude de la communauté internationale, l’interventionnisme de certaines parties dans les affaires intérieures libyennes nourrit la division et éloigne toute perspective de solution inclusive libyo-libyenne.

Et d’ajouter que le Maroc, qui n’a de cesse d’apporter son soutien à la promotion du dialogue et de la réconciliation nationale en Libye, réaffirme l’impératif du respect de l’unité, de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de ce pays frère.

Le Maroc appelle, une fois encore, les parties prenantes libyennes à créer un environnement propice au dialogue, afin de surmonter leurs différences et parvenir au consensus nécessaire pour rétablir durablement la paix, la sécurité, la stabilité et l’harmonie en Libye, a-t-il soutenu, faisant observer que la recherche d’une solution à la crise en Libye doit, avant tout, être axée sur la revitalisation de l’Etat libyen et de ses institutions.

Le retour à la paix et à la stabilité en Libye est tributaire de l’engagement d’un dialogue inclusif englobant toutes les forces vives du pays, la société civile, les dignitaires libyens et les représentants des communautés locales libyennes, a-t-il noté.

La tenue effective d’un forum inter-libyen de réconciliation nationale demeure la condition sine qua none pour la pacification du pays, a souligné M. Jazouli, notant que le Maroc est intimement convaincu que l’intérêt suprême de la Libye doit être placé au-dessus de tout intérêt partisan.

«Toute autre approche contribuerait à faire de la Libye un sanctuaire propice à la propagation du terrorisme, des groupes extrémistes, des mercenaires, des criminels et des trafiquants en tout genre», a-t-il mis en garde. (MAP)

Pour rappel, Khaled Meshri président du Haut Conseil d’Etat libyen avait réitéré que l'accord politique de Skhirat restait "la base de référence juridique" à toute solution à la crise libyenne

L’Accord politique de Skhirat constitue "la base de référence juridique" à toute solution à la crise libyenne, a affirmé le président du Haut Conseil d’Etat libyen, Khaled Meshri, saluant les efforts déployés par le Royaume dans ce sens.

Dans une déclaration au site officiel du Ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger "Diplomatie.ma" suite à un entretien téléphonique qu'il a eu, vendredi, avec le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, M. Nasser Bourita, M. Meshri a tenu à réitérer "l'attachement à l’Accord de Skhirat", qui, dit-il, constitue "la base de référence juridique" à toute solution à la crise libyenne.

M. Meshri s'est également dit "favorable à ce que le Royaume du Maroc abrite, encore une fois, le dialogue inter-libyen".

L'entretien téléphonique entre MM. Bourita et Meshri avait porté sur les derniers développements du dossier libyen.

A Addis-Abeba, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’Etranger, Nasser Bourita, a mis l’accent, dimanche à Addis-Abeba, sur la nécessité d’une solution libyenne à la crise qui affecte ce pays maghrébin.

«Pour le Maroc, le règlement de la crise libyenne doit se faire par les libyens et pour les Libyens», a dit M. Bourita dans une déclaration à la presse à l’issue de la séance d’ouverture du 33è sommet de l’Union africaine (UA).

Toute solution venant de l’extérieur n’aura aucune chance de réussir, a souligné M. Bourita, relevant que cette solution doit venir d’un dialogue entre les Libyens eux-mêmes.

Selon le ministre, L’Organisation des Nations-Unies doit être le cadre pour la recherche de cette solution à travers l’Envoyé personnel du Secrétaire-Général de l’Onu.

Les organisations régionales, y compris l’UA, doivent appuyer ce processus, a-t-il précisé, relevant que l’Afrique, qui demeure directement concernée par ce qui se passe en Libye, doit trouver un espace pour accompagner l’action de l’Onu afin d’aider les Libyens à régler les problèmes de leur pays.

Et d’ajouter que le Maroc a toujours insisté que l’intervention étrangère n’aidera en aucun cas le règlement de la crise libyenne.

Le ministre a tenu à souligner, dans ce contexte, que l’accord de Skhirat de 2015 a montré que les Libyens sont capables de trouver une solution à la crise affectant leur pays.

«Skhirat n’a pas été une conférence internationale pour trouver une solution à la crise libyenne mais un cadre de dialogue entre libyens», a-t-il dit, soulignant que Skhirat a montré que les Libyens, s’ils trouvent l’espace et l’accompagnement nécessaires, peuvent surmonter leurs différends et produire des solutions libyennes aux problèmes libyens.

Il s’agit là de l’enseignement à tirer de Skhirat, a dit M. Bourita, soulignant que «la Libye ne doit pas être un fonds de commerce au détriment des Libyens».

L’Onu et l’UA conviennent de l’urgence de mettre fin à l’escalade de la situation en Libye et au Sahel

L’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Union africaine (UA) ont convenu, samedi, de l’urgence de mettre fin à l’escalade de la situation sécuritaire en Libye et au Sahel, estimant qu’il s’agit d’une menace réelle à la stabilité dans le monde.

Prenant la parole lors d’une réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA, en marge du sommet de l’organisation panafricaine devant s’ouvrir dimanche à Addis-Abeba, le Secrétaire-Général de l’Onu, Antonio Guterres, et le Président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, se sont alarmés de la gravité de la situation en Libye et au Sahel.

La Situation en Libye et au Sahel pose incontestablement une menace à la paix et la sécurité internationales, a dit M. Faki, soulignant que la situation en Libye ne cesse de se dégrader pour devenir une véritable «guerre ouverte».

«Il s’agit d’une menace à la paix et la sécurité internationales et c’est la raison pour laquelle nous voyons toujours que les Nations Unies ont une responsabilité et particulièrement le Conseil de sécurité conformément à la Charte de l’ONU», a-t-il soutenu.

Le responsable de l’UA s’est, dans ce contexte, élevé contre les ingérences étrangères en Libye, appelant au respect de l’embargo sur les armes dans ce pays afin d’ouvrir la voie à un dialogue politique entre les parties libyennes.

Pour sa part, M. Guterres a relevé que l’escalade de la situation en Libye a permis aux groupes terroristes de gagner en présence et en influence dans la région et favorisé l’arrivée d’armes et de combattants étrangers, la traite des êtres humains et d’autres activités criminelles. 

Il a rappelé que depuis avril dernier la lutte pour le contrôle de la capitale libyenne a tué et blessé des milliers de personnes. Le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme ont été maintes fois bafoués, a-t-il déploré, précisant que plus de 160.000 personnes ont été déplacées.

Tout cela a exacerbé les tensions et les conflits submergeant les mécanismes de résolution des conflits et mettant à rude épreuve les systèmes de gouvernance déjà fragiles dans les pays du Sahel, a-t-il relevé, ajoutant que la situation sécuritaire et humanitaire à travers le Sahel se détériore constamment et menace de se propager.

«La mobilisation courageuse et concertée pour mettre fin à la crise en Libye et au Sahel est non seulement nécessaire mais urgente», a souligné M. Guterres, notant que l’Onu continue de soutenir la mise en œuvre de l’Accord de paix au Mali en tant que pierre angulaire sans laquelle il ne peut y avoir de stabilité dans la région.

Il a souligné dans ce sens que les solutions sécuritaires ne pourront pas à elles seules régler le problème de l’extrémiste violent. «Le développement reste le meilleur instrument pour parvenir à la paix, mais le développement a aussi besoin de sécurité», a-t-il dit.

Faisant écho à ce discours, le ministre marocain des Affaires etrangères, s’est, d’autre part, attardé sur d’autres défis posés à l’Afrique, dont la lutte contre le terrorisme et la mise en place de la zone de libre-échange continentale africaine.

Mettant l’accent sur l’importance de la décision de créer cette zone, M. Bourita a noté que ce projet doit être traduit en réalité, en dépit des défis qui existent.

Il a, dans ce contexte, rappelé que l’Afrique ne s’accapare que 2 pc du commerce mondial et moins de 2 pc des investissements étrangers, au moment où le commerce intra-africain représente moins de 15 pc des échanges commerciaux du continent.

Ceci illustre l’importance de l’ambition africaine de mettre en place une zone de libre-échange continentale, a-t-il dit.

S’agissant de la paix et la sécurité en Afrique, M. Bourita a noté que les conflits dans le continent ont baissé d’une manière significative. Cependant, il reste d’autres défis dont le terrorisme, l’immigration clandestine et la criminalité, a-t-il concédé.

Le thème du sommet : «Faire taire les armes» illustre l’ampleur ces défis, a poursuivi M. Bourita, relevant que l’approche africaine à ces défis doit être fondée sur une parfaite connaissance des réalités africaines et ne doit pas être purement militaire ou sécuritaire.

Cette approche doit prendre en considération tous les facteurs de déstabilisation en Afrique pour élaborer des programmes réalistes et pragmatiques pour que la feuille de route de faire taire les armes puisse apporter les résultats souhaités.