Sous pressions, le PJD appelle (encore) ses militants à la retenue

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Les temps ont l’air d’être toujours durs au sein du PJD. Une réunion du secrétariat général du parti, tenue le mardi 9 mai, a appelé les militants ainsi que les membres du secrétariat général, à établir un dialogue « libre » et « constructif » pour dépasser les différends.

Présidée par le vice-secrétaire général Soulaimane El Jazouli, cette réunion, qui a eu lieu en présence du chef de gouvernement Saadeddine El Othmani , a été une occasion pour appeler les membres du secrétariat général à instaurer un dialogue « libre et constructif » au sein des différentes instances du PJD ainsi qu’à la mise au point d’une lecture collective tempérée  et visionnaire de la situation.

Le secrétariat général du parti a une nouvelle fois exhorté ses militants « à la vigilance et à avoir le sens de la responsabilité, ainsi qu’à respecter les liens de la véritable fraternité », pour mieux gérer les différence des opinions et pour barrer la route devant les détracteurs du parti.

Le secrétariat général brise de nouveau son silence, malgré l’absence du secrétaire général, pour appeler à mettre un terme aux conflits internes qui secouent le PJD depuis la mise à l’écart de Benkirane et la nomination de El Othmani. Il suffit d’ailleurs de faire un tour sur les pages facebook des brigades électroniques du parti pour mettre le doigt sur la scission interne que vit le PJD, parfois en catimini et d’autres au vu et su de tout le monde. Entre ceux qui voient en Benkirane, le visage d’ un Recep Tayyip Erdogan marocain, qu’on a voulu écarté coûte que coûte pour entraver le processus démocratique du royaume et ceux pour qui Saadeddine a trahi la confiance du parti en acceptant de faire des concessions, le vent de la contestation et de la colère semble toujours souffler fort sur le PJD.

Les directives de Soulaimane El Jazouli interviennent également après la guerre des déclarations publiques qui a éclaté récemment entre deux militants du parti, à savoir Amina Maelainaine et Aziz Rabbah. La députée avait déclaré  sur sa page Facebook que le ministre de l’Energie avait émis une critique acerbe à son égard lors d’une rencontre à Tiznit en affirmant qu’elle n’avait pas le droit de critiquer les concessions du chef de gouvernement, car elle-même  était consciente des tournants qu’allait prendre la situation  le jour où elle avait accepté d’occuper le poste de vice-président de la chambre des représentants après l’élection de Habib El Malki. Face à ces accusations tous azimuts, Rebbah  lui a préféré garder le silence et a décidé de répliquer lors des réunions des instances du parti.

Deux courants sont visiblement en train de s’affronter au sein du PJD, malgré tous les appels à la retenue et à la maîtrise de soi. Benkirane réussira-t-il toujours a joué le rôle de l’arbitre dans cette crise, entre ceux qui l’adule et discrédite El Othmani et ceux qui ont décidé de prendre le parti pris du nouveau gouvernement sans le secrétaire général, pour éviter au parti les pires scénarios ?