Un document de la CIA atteste de la surprise qu’a créée Hassan II en annonçant la Marche Verte

5437685854_d630fceaff_b-
516
Partager :

La Marche Verte est sans doute l’un des évènements les plus hautement symboliques dans l’histoire du Maroc. Un document de la CIA datant du 3 octobre 1975 vient de lever le secret sur cet épisode mémorable. Feu le roi Hassan II aurait préparé cette marche pacifique dans la discrétion la plus totale et à l’insu même des Américains.

Tandis que les Etats-Unis s’attendaient à une montée accrue de la tension entre le Maroc et l’Espagne, qui pourrait même conduire à un affrontement armé entre leurs deux alliés stratégiques, le roi Hassan II, était en train de poser les jalons d’une idée ingénieuse pour régler à l’amiable le conflit.

Le site Gaceta vient de publier un document de la CIA, datant du 3 octobre 1975, envoyé à Henry Kissinger, qui était à l’époque conseiller à la sécurité nationale du président Gerald Ford, faisant état de la situation alarmante du Sahara, et ce à quelques jours seulement de l’annonce de la Marche Verte.

Washington pensait alors qu’une guerre imminente allait éclater entre le Maroc et l’Espagne. Tout ce qui se passait à ce moment prédisait que l’affrontement était proche et probablement inévitable. Force est de constater que feu Hassan II avait bien décidé de garder comme secret absolu son projet ambitieux.

Dans ce document, le directeur de la CIA Wiliam Egan Colby avait lui auguré l’éclatement d’une guerre entre le royaume et l’Espagne à cause de la présence militaire de cette dernière dans le Sahara. Surtout face à la volonté exprimée du roi Hassan II de « récupérer le Sahara avant la fin de l’année, par la force même si cela était nécessaire ».

Pour Colby, le scénario de la guerre était plausible. En mobilisant plus de 55.000 militaires, depuis 1974 dans cette zone, Rabat ne cachait pas son intention d’entrer dans un conflit armé pour rétablir son intégrité territoriale. L’Espagne traversait quant à elle, selon l’analyse de l’ex-directeur de la CIA, une véritable « crise politique » à cause de la possibilité de perdre la région en question.

Dans la foulée, Colby a alerté Kissinger de la situation délicate dans laquelle se retrouveront les Etats-Unis, si jamais la guerre est déclarée entre leurs deux alliés. Celui-ci a prévenu également l’administration de Ford de voir ses relations se dégrader avec le Maroc, au cas où Washington décidait de soutenir l’Espagne dans cette guerre, en fonction des « accords de défense et de coopération » conclus en 1970 et qui exigeaient des Etats-Unis d’appuyer l’Espagne. La même source a, par ailleurs, souligné le rôle déterminant que pourrait jouer l’Algérie dans ce conflit, si elle s’engageait à venir en aide au Polisario.

Le 6 novembre 1975 demeurera donc une date inoubliable dans l’histoire du Maroc, car la Marche Verte n’a pas uniquement évité au Maroc de rentrer dans une lutte armée, mais elle a aussi réuni toutes les composantes de la société autour d’une seule et unique cause. Tout le peuple marocain s’est porté volontaire pour participer à cet évènement grandiose qui est devenu aujourd’hui un monument de l’identité nationale collective.