Vingt ans de règne, le Roi visionnaire

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Une rétrospective sur 20 ans de règne est une  gageure. Évaluer ces deux décennies encore plus, eu égard à la forte densité des évènements survenus durant cette période et aux mutations technologiques et géopolitiques qu’elles ont connues. 

L’exercice auquel nous nous prêtons n’a pas la prétention d’être exhaustif ni péremptoire quant aux années écoulées, mais s’inscrit dans une démarche citoyenne visant à participer à la célébration du 20ème anniversaire de l’intronisation de Sa Majesté le Roi.

On ne saurait décrypter l’action et la vision de Mohammed VI sans évoquer les éléments clés qui ont construit l’Homme, le Prince Héritier et le Souverain. Sa formation au Collège Royal, son doctorat portant sur « la coopération entre la CEE et l’UMA »  brillamment soutenu à l’Université de Nice-Sophia Antipolis d’une part, et les multiples missions conduites en tant que Prince Héritier d’autre part, lui ont permis de construire une vision claire pour le Maroc. 

Proclamé Roi, il savait donc déjà ce qui l’attendait et a aussitôt dessiné la direction qu’allait conduire son pays. Dans son premier discours adressé à la nation, le 30 juillet 1999,  le Roi a donné le cap et tracé la feuille de route qu’allait engager le Maroc à l’aune du 21e siècle :
« Nous sommes extrêmement attachés à la monarchie constitutionnelle, au multipartisme, au libéralisme économique, à la politique de régionalisation et de décentralisation, à l’édification de l’Etat de droit, à la sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés individuelles et collectives, et au maintien de la sécurité et de la stabilité pour tous.

Nous souhaitons que le Maroc, sous notre règne, aille de l’avant sur la voie du développement et de la modernité, et qu’il accède au troisième millénaire, doté d’une vision prospective, en parfaite cohabitation et une entente réciproque avec nos partenaires préservant son identité et sa spécificité, sans se refermer sur soi, dans le cadre d’une authenticité reconfirmée et d’une modernité qui ne renie guère nos valeurs sacrées ».

Cette vision prospective sera clairement déclinée deux années plus tard et pourrait se résumer par le nouveau concept d’autorité, la lutte contre la pauvreté et la marginalisation. Ce sont des principes fondateurs qui ont été réitérés par le Roi à chaque occasion. 

Soucieux de rétablir la confiance et d’instaurer un climat d’apaisement qui manquaient au Maroc d’alors, Sa Majesté a décidé de la création de l’Institut Équité et Réconciliation (IER) pour dépasser les malentendus du passé et les inscrire sur le registre de la mémoire collective. C’est dans ce cadre que s’inscrit en 2005 le lancement d’une  politique ambitieuse de lutte contre la pauvreté à travers l’Initiative Nationale de Développement Humain (INDH). Celle-ci fait aujourd’hui école et beaucoup de pays s’en inspirent. En effet, l’INDH couplée à d’autres mesures sociales importantes ont permis de ramener le taux de pauvreté au Maroc à moins de 7% contre 30% en 2004.

En outre, deux questions sociétales et culturelles majeures bloquaient la société marocaine et créaient un climat de crispation et de tension : la question de la femme et la question amazigh. Celles-ci ont su être traitées dans la sérénité, avec une grande pédagogie. 

Toujours en 2005 fut lancée la mise en œuvre effective de la couverture médicale qui a donnée des résultats globalement satisfaisants. En effet, le taux de couverture médicale est passé de 15% en 2005 à près de 70% aujourd’hui, RAMED inclus.

Le Roi est un Homme de dossiers. Il veille toujours à connaitre dans les détails la nature des problèmes afin d’agir de la façon la plus pertinente possible et d’apporter les solutions appropriées. Ainsi, cela l’a conduit à commander une étude sur le cinquantenaire, mettant à l’œuvre l’expertise marocaine, et visant à établir un diagnostic global du Maroc depuis l’indépendance. Embrassant tous les domaines, cette étude a débouché sur des propositions   qui demeurent d’actualité. Cinq principales orientations ont ainsi été arrêtées pour « le Maroc Possible » : la planification, la participation, la prise de décisions fondée sur la concurrence, l’évaluation, l’ « accountability » ou la reddition des comptes.

Toutefois, la réalisation majeure du Souverain demeure sans conteste l’adoption d’une nouvelle constitution en 2011. Celle-ci a placé le Maroc sur les rails de l’Etat de droit et l’a mis au niveau des pays développés. Plus qu’une simple évolution, il s’agit là d’une révolution.

Nécessairement,  il fallait développer le pays sur le plan économique en donnant la priorité, dans un premier temps,  aux infrastructures de base faisant ainsi jouer les recettes keynésiennes qui ont fait leurs preuves ailleurs.

Progressivement, le Maroc se transforme en quelques années en chantier ouvert suite à  l’édification d’infrastructures modernes et attractives. Il en est ainsi du port Tanger Med, du réseau autoroutier, du réseau de la voie ferrée, du TGV Al Boraq, de l’infrastructure hydraulique, de la réalisation de mégaprojets culturels, de la centrale solaire Noor pour préparer le pays à la transition énergétique, du grand port de Nador en cours d’achèvement, du plan de développement des provinces du Sud, des investissements massifs pour l’aménagement de la région du Nord .. La liste peut être étendue à souhait.

Sur le plan économique, malgré l’abandon de la planification, des plans sectoriels d’envergure furent lancés sous la houlette du Roi et avec Son suivi régulier. Ainsi, en est-il du Plan Maroc Vert pour l'agriculture, Plan Halieutis pour la pêche maritime, Plan Emergence devenu Plan d'accélération industrielle pour l'industrie, Vision 2010 et 2020 pour le tourisme, Maroc Numeric pour l'économie numérique etc...Malgré leurs limites et les critiques dont ils font l'objet, dont notamment le manque de convergence, ces programmes ont donné des résultats relativement satisfaisants. Il suffit aujourd’hui de rappeler que le Maroc est devenu leader du continent africain  au niveau du secteur automobile.

Cependant, l’infrastructure physique, aussi utile et nécessaire soit-elle, ne suffit pas à elle seule pour déclencher le développement inclusif dont le Maroc a besoin. Elle doit nécessairement  aller de pair avec le développement du capital humain. Un progrès significatif a été fait dans ce sens tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Mais force est de constater que les résultats ne sont pas à la hauteur des moyens consentis. 

Une fois la confiance rétablie à travers des actions concrètes sur le terrain,  Sa Majesté le Roi s’est alors intéressé à l’international et en premier lieu au continent africain dont nous faisons partie intégrante. L’objectif visé étant d’assurer le retour du Maroc à l’Union Africaine. La tâche était ardue face à des adversaires qui ne veulent consentir à aucun compromis. Le Souverain a su s’y prendre avec intelligence, clairvoyance, souplesse et esprit d’écoute en plaçant son action sur le moyen terme. Ainsi a- t-il en quelques années effectué plus de 40 voyages dans près de 30 pays et veillé à la signature de dizaines d’accords et de conventions économiques portant sur des projets d’intérêt vital pour la population africaine. Ce faisant, le Roi a mis en vogue une nouvelle conception de coopération Sud-Sud  aux antipodes de la conception néocoloniale fondée sur l’exploitation, voire le pillage des ressources dont regorge notre continent. Dans ce chemin semé d’embûches, le Roi a fait prévaloir la stratégie sur la tactique en mettant en avant les bienfaits de la diplomatie économique. 

Qui pourrait oublier aujourd’hui ces moments d’une émotion inouïe lors de la prononciation par le Souverain de son discours pour annoncer à ses paires le retour du Maroc à sa maison, l’Afrique. Le discours prononcé par le Roi exprime à la fois un sentiment d’amertume suite  au temps perdu et aux occasions manquées par les peuples africains, mais surtout une marque d’espérance pour un meilleur avenir d’une Afrique solidaire, démocratique et libérée des servitudes. 

Le bilan de ce qu’a accompli le Maroc ces deux dernières décennies est largement positif et ses retombées sont visibles. Le Maroc d’aujourd’hui est totalement différent de celui du début du millénaire. Mais comme tout développement est contradictoire, ce progrès n’a pas touché de la même manière l’ensemble des Marocains et la totalité des Régions du Royaume. D’ailleurs, le Roi est le premier à le reconnaitre en soulignant l’essoufflement de l’actuel modèle de développement et en appelant les institutions majeures du pays à réfléchir  à un nouveau modèle de développement qui soit axé sur l’inclusion sociale et la satisfaction des besoins fondamentaux de la population.

Nous avons réussi dans l’essentiel : maintenir le pays en équilibre. Et cela grâce au génie du Roi. C’est une chance historique pour nous Marocains d’avoir un Roi de la trempe de Mohamed VI : un Roi profondément humaniste, épris de valeurs de justice sociale, attaché à la démocratie, aimé par Son peuple parce qu’il est sensible à ses problèmes et attentif à ses doléances.

Mobilisons-nous donc à ses côtés, chacun dans son domaine de  compétences, pour réaliser ensemble cette ambition collective qui est la nôtre et réaliser le grand dessein pour lequel le Souverain s’est engagé depuis son accession au trône, voire bien avant.