Abdellah Saaf : Le dialogue civil puise son énergie dans une tradition démocratique certaine

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Abdellah Saaf est sûr que l’identité de la société civile démocratique puise dans les valeurs de la démocratie et des droits humains, mais surtout dans le fonds de la pluralité. Une démarcation qui en fait un repère d’existence. Il l’a fait savoir, mardi à Rabat, lors de la présentation par la dynamique de l’Appel de Rabat, du bilan de son dialogue parallèle sur la société civile.

Connu par sa position opposée à la démarche gouvernementale en la matière, Abdellah Saaf a estimé qu’il est difficile pour les politiques d’assimiler la différence entre l’action civile et l’action gouvernementale, signalant que la rencontre de Bouznika en novembre dernier qui est fondée sur un référentiel historique et démocratique, constitue « une étape historique et exceptionnelle à tous les niveaux, quantitatif et qualitatif, à même de défendre les valeurs de la justice, de la démocratie, des lumières, de l’égalité et des droits humains ainsi que de la pluralité ».

La question des valeurs a constitué un champ de travail de la société civile démocratique, concrétisé en pétitions, plaidoyers, débats et sensibilisations, ce qui a souvent impacté la décision politique, les législations et le champ des lois…

Le bilan : Une mise en situation. Une lecture de ce que devrait être une société civile et ses revendications. Un aspect identitaire. Une batterie de mesures pour mettre en œuvre les dispositions de la constitution de 2011 et un mémorandum pour un financement équitable et transparent… ce ne sont là que quelques intitulés phares de ce que compile le livre sorti par la dynamique de l’appel de Rabat, sous le titre : « Dynamique de l’appel de Rabat : pour un mouvement associatif fort et indépendant ».

Cette rencontre a vu également la présentation du bilan du dialogue parallèle de la société civile, initié par l’ensemble des formations associatives ayant boycotté le Dialogue gouvernemental initié par le ministère chargé des relations avec le parlement. Un dialogue dont le bilan, envoyé à certaines ambassades étrangères, n’est pas encore sorti au grand public !

« Nous avons inséré dans ce livre les revendications associatives concernant les réformes à introduire à la loi régissant les associations au Maroc et un mémorandum pour un financement équitable et transparent, fondé sur la déontologie et l’efficacité de l’action associative », souligne Kamal Lahbib, membre dirigeant de cette dynamique civile.

Et d’ajouter que le dialogue parallèle, contrairement au dialogue gouvernemental, s’est déroulé dans le plus grand respect de la pluralité et de la différence et s’est positionné ainsi aussi loin que possible des dogmes de l’exclusion idéologique et du contrôle et de main mise arbitraires.

Il s’agit d’un dialogue civil-civil qui a vu l’organisation d’une vingtaine de rencontres régionales, avec la participation de 2500 personnes des différentes régions du pays. Le bilan concerne des recommandations au sujet de l’initiative législative, au droit à la pétition, au conseil consultatif des jeunes et de l’action associative,  et à l’instance de l’équité et la lutte contre toutes formes de discrimination.

« Le dialogue parallèle est intervenu après les événements qu’a connus la scène sociétale marocaine, notamment les réclamations du mouvement du 20 février, qui ont mis la société civile devant de nouveaux défis », conclut Kamal Lahbib.