CNDH : note d’orientation sur le respect des droits de l’Homme pour le dépistage du Sida

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Le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), le ministère de la santé et la délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion ont signé, ce mercredi 15 février à Rabat, une note d’orientation sur le respect des droits de l’Homme et de l’éthique pour le dépistage du VIH/Sida dans les établissements pénitentiaires.

Cette note a été signée par Mohamed Essabbar, secrétaire général du CNDH, Younes Jabrane, secrétaire général de la délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion et Abdelali Belghiti Alaoui, secrétaire général du ministère de la santé. Elle comporte des recommandations liées à l’amélioration des services de santé dans les prisons, la lutte contre la discrimination envers les prisonniers séropositifs et l’accès au traitement antirétroviral (ARV) pour les détenus.

Issues des directives internationales en la matière, notamment celles du programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ces recommandations concernent également des volets liés au conseil et dépistage du VIH/sida à travers notamment la mise à disposition des tests rapides, ainsi que la formation du personnel médical et paramédical au dépistage VIH, incluant le volet confidentialité, consentement éclairé et éthique y compris le droit de décliner.

La note en question, élaborée dans le cadre de la stratégie nationale sur les droits humains et le VIH/sida, recommande aussi la mise en place d’un système d’information sur le dépistage du VIH spécifique aux prisons et en concordance avec le système national.

Le dépistage du VIH/sida aux établissements pénitentiaires est un moyen important pour atteindre l’objectif d’accélération de la lutte contre ce virus à l’horizon 2020, tel que fixé par le programme ONUSIDA et l’OMS, a affirmé le président du CNDH, Driss El Yazami, qui s’exprimait lors de la séance inaugurale de la cérémonie de signature.

El Yazami a indiqué que cet objectif, appelé également « 90 90 90 », envisage que 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, que 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral durable et que 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral aient une charge virale durablement supprimée.

La lutte nationale contre le Sida s’inscrit dans un contexte politique et social adéquat, eu égard aux questions des droits de l’Homme et de l’égalité des genres consacrées par la constitution marocaine, outre les efforts déployés au niveau national pour le développement de stratégies visant à réduire les facteurs de précarité et les disparités en matière d’accès aux services sanitaire, a-t-il considéré.

Dans ce sens, le président du CNDH a précisé que la lutte contre l’émergence de nouveaux cas de Sida et de décès causés par ce virus, nécessite l’intensification des programmes de prévention destinés aux catégories précaires dans les régions les plus touchées, l’élargissement du champ d’accès au dépistage du Sida, ainsi que le traitement des personnes qui connaissent leur statut sérologique et reçoivent un traitement antirétroviral dans une phase précoce de la maladie.

Par ailleurs, le nombre de la population carcérale au Maroc s’élève à 79.368 détenus, a-t-il indiqué, estimant que la première victoire de la lutte contre le Sida concerne notamment la capacité à dispenser les services sanitaires et promouvoir la sensibilisation.

El Yazami a plaidé pour une coopération efficace entre la délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion, le ministère de la santé, les organisations non-gouvernementales et le CNDH, afin de préserver les droits de cette catégorie privée de sa liberté.

De son côté, Abdelali Belghiti Alaoui a fait savoir que le ministère de la santé a procédé en 2016 au test du dépistage rapide du sida au sein des établissements pénitentiaires, grâce à la coopération avec la délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion.

Ce dépistage rapide doit être soumis à des règles déontologiques en phase avec les recommandations internationales et les besoins nationaux en matière de respect des droits de l’Homme, a-t-il martelé.

Cette note d’orientation vise essentiellement à instaurer les principes du consentement éclairé et à garantir l’accès aux services de prévention, de soin et d’assistance aux personnes atteintes de Sida dans les établissements pénitentiaires sans discrimination aucune, a précisé le secrétaire général du ministère de la Santé.

Et de noter que le taux d’incidence du Sida est plus élevé au sein des établissements pénitentiaires qu’ailleurs. Les détenus ont été ainsi classés parmi les catégories précaires prioritaires par le plan stratégique national de lutte contre le Sida et la stratégie nationale sur les droits humains et le VIH-Sida.