Conférence vendredi à Rabat sur la lutte anticorruption pour transformer l'Afrique

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Une conférence sur le thème "lutter contre la corruption au niveau local: une voie durable pour transformer l'Afrique à partir de ses territoires" sera organisée ce vendredi 10 août à Rabat, dans le cadre de la célébration de la Journée africaine de la décentralisation et du développement local (JADDL) de l’Union africaine (UA)

Selon un communiqué des organisateurs, cette rencontre a pour but principal de promouvoir et de célébrer les valeurs et les principes de la Charte africaine de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local, à travers notamment la sensibilisation des élus locaux et des managers territoriaux sur l’impact et les effets néfastes de la corruption et des conflits d’intérêt sur la gestion des affaires locales, sur les populations, la justice et la paix sociales, et partant sur le développement durable.

Organisée par le gouvernement du royaume du Maroc, l’Organisation panafricaine cités et gouvernements locaux unis d’Afrique (CGLU Afrique), l’Association des régions du Maroc (ARM) et l’Association marocaine des présidents des conseils communaux (AMPCC), cet événement entend également sensibiliser sur le rôle de la société civile et des médias comme acteurs clés dans la lutte contre la corruption au niveau territorial, a précisé la même source.

Près de 300 participants, acteurs et parties prenantes de la gouvernance locale au Maroc sont attendus à cette conférence qui est la première du genre depuis le retour du Maroc au sein de la famille de l’UA, poursuit le communiqué, notant que la rencontre se tiendra au siège du ministère de la Culture et de la Communication.

La réduction de la corruption est, en effet, une préoccupation majeure de l’UA, qui a placé l’année 2018 sous le signe de la lutte contre ce fléau. Selon le rapport 2017 sur l’Indice de Transparency International sur la perception de la corruption, la corruption continue de prospérer en Afrique, a rappelé la même source.

Il en ressort, ajoute-on, que l’Afrique subsaharienne est la région la moins performante avec un score moyen de 32. Pour les collectivités locales, les conséquences sont néfastes. Chargées de fournir les services publics de base aux populations, le "manque à gagner" généré par la corruption constitue un sérieux obstacle à la réalisation de l’Agenda 2063 (L’Afrique que Nous Voulons) et de l’Agenda 2030 (les 17 Objectifs du Développement Durable), dont 65% de la mise en œuvre dépend du niveau local.

Ceci concerne notamment l’ODD 16 qui vise à réduire nettement la corruption et la pratique des pots-de-vin sous toutes leurs formes (Cible 16.5) et à mettre en place des Institutions efficaces, responsables et transparentes à tous les niveaux (Cible 16.6). Ainsi, la lutte contre ce fléau doit impérativement commencer au niveau local.

Dans ce sillage, la conférence tentera d’apporter des propositions concrètes à cette thématique en s’appuyant sur les recommandations formulées par les participants au Forum des Nations Unies sur le Service Public 2018 lors du Side Event organisé par le Comité technique spécialisé n°8 de l’UA sur la fonction publique, les collectivités locales, le développement urbain et la décentralisation, CGLU Afrique et son Académie africaine des collectivités territoriales (ALGA) sur : "Transparence, intégrité et lutte contre la corruption : Une exigence clé pour la réalisation du développement durable", soulignent les organisateurs.

La journée africaine de la décentralisation et du développement local a été décrétée par l’UA au niveau de l’Article 20 de la Charte africaine sur les valeurs et principes de la décentralisation, de la gouvernance locale et du développement local, telle qu’elle a été adoptée lors de la session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, tenue les 26 et 27 juin 2014 à Malabo (Guinée Équatoriale), rappelle le communiqué. Le thème général de cette année est décliné en deux sous-thèmes: "Corruption et conflits d’intérêt dans la gestion des affaires locales : un frein à la fourniture des services de base aux populations locales, à la justice et la paix sociales" et "bonne gouvernance locale et promotion du rôle de la société civile et des médias : gage de succès pour la lutte contre la corruption dans les territoires".