Etude-Maroc : Lutter contre les inégalités de chance pour éradiquer les inégalités sociales

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L'atténuation des inégalités sociales nécessite le recours à des leviers structurels, en mettant l’accent autant sur l’élargissement des bases de création de la richesse nationale que sur la lutte vigoureuse contre les inégalités de chances et de capacités, souligne la Direction des Etudes et des Prévisions Financières (DEPF)

Ces leviers structurels permettraient de constituer un puissant rempart contre la prolifération des disparités sociales et spatiales, indique la DEPF dans une étude intitulée "la question des inégalités sociales : Clés de compréhension, enjeux et réponses de politiques publiques", publiée sur le site web du ministère.

Ainsi, l’étude fait ressortir que "l’élargissement des bases de création de la richesse nationale et le relèvement du contenu en emplois du régime de croissance de l’économie nationale s’avèrent des prérequis incontournables pour atténuer fortement les inégalités et endiguer leur progression sur le plan social et territorial".

Pour cela, poursuit la même source, des actions vigoureuses devraient être déployées en faveur de l’accélération du processus de transformation structurelle de l’économie marocaine, en valorisant les secteurs porteurs et créateurs d’emplois de qualité et en accélérant la modernisation compétitive des PME-PMI pour libérer pleinement leur potentiel.

L’aboutissement de ce processus d’envergure requiert le recours à des modes rénovés en matière de conception et de mise en œuvre des politiques économique et sociale à caractère global et sectoriel, axés sur la définition des priorités, la convergence des choix stratégiques et leur synchronisation, et ce dans le but de maximiser l’impact redistributif de ces politiques et d’accroitre leur rendement en termes d’amélioration tangible des conditions de vie des populations et de relèvement de la performance du système productif national, estime la DEPF.

Selon l’étude, le renforcement de l’intégration du Maroc dans les chaines de valeur régionales et internationales par le biais d’une politique intégrée de compétitivité-attractivité relève aussi de l’ordre des priorités en vue de maximiser les retombées de la politique d’ouverture commerciale à l’œuvre et en faire un puissant relais de création de la richesse à l’instar des pays émergents performants.

Concernant la lutte contre les inégalités des chances et de capacités, elle devrait porter particulièrement sur les inégalités de chance pour corriger structurellement les déficiences à partir desquelles se nourrissent l’exclusion sociale et la marginalisation, recommande la DEPF, notant qu’à ce titre, la protection et l’éducation de la petite enfance serait nécessaire pour développer leurs capacités aussi bien sur les plans physique et mental que social et affectif.

Le lancement du programme national de généralisation et de développement du préscolaire est une action édifiante dans ce sens, ajoute la même source.

En outre, la prise en compte des besoins spécifiques notamment des groupes vulnérables tels que les jeunes, les femmes et les personnes en situation de handicap, représente une condition essentielle pour assurer l’équité et l’égalité des chances et contribuer, in fine, à l’édification d’un développement social harmonieux du pays, fait remarquer la DEPF.

Les actions envisagées dans cette perspective devraient impérativement s’atteler à résoudre le problème d’accessibilité de ces couches vulnérables aux services sociaux de base, particulièrement celles résidant en péri-urbain, en milieu rural et dans les zones de montagnes, préconise-t-elle, relevant que pour assurer son efficacité et sa durabilité, la politique de protection sociale devrait privilégier des solutions concrètes de sortie durable de la pauvreté, via la promotion de l’activité, afin d’éviter la dépendance aux transferts et le maintien dans une situation de forte vulnérabilité.

L’étude a également mis l’accent sur la nécessité de renforcer la cohérence des dispositifs sociaux pour maximiser les retombées de l’action sociale de l’Etat, de placer la question de l’inclusivité genre et l’intégration des jeunes au cœur des politiques publiques de lutte contre les inégalités, d’inscrire la lutte contre les inégalités dans le cadre d’un chantier sociétal impliquant l’ensemble des acteurs, ainsi que de consolider le système national d’information et déployer des instruments sophistiqués de suivi-évaluation des inégalités.