Khalil Hachimi Idrissi : La FAAPA, née d'une ''exigence éthique et morale''

5437685854_d630fceaff_b-
207
Partager :

Praia - La Fédération Atlantique des Agences de presse africaines (FAAPA) est née d’une exigence éthique et morale, a indiqué, jeudi à Praia, le président de la FAAPA et directeur général de l’Agence Marocaine de Presse (MAP), M. Khalil Hachimi Idrissi.

Intervenant dans le cadre de la Conférence inaugurale de la 7ème réunion du Conseil exécutif de la Fédération, sur "La nécessité de créer la FAAPA : Missions, perspectives et visions", M. Hachimi Idrissi a relevé "qu’on s’est rendu compte que nous avons affaire à de grands groupes multinationaux en matière de presse et que notre taille individuelle de tout un chacun ne pourrait pas permettre d’avoir une vision stratégique".

Il y a de grandes agences avec des réseaux internationaux puissants qui ont commencé à avoir le monopole de l’information, a ajouté M. Hachimi, soulignant que quand une grande agence livre une analyse sur un événement, cette analyse "devient la règle".

"Et nous, autant d’agences que nous sommes, pouvons développer des angles et des analyses particulières mais on aura du mal à nous imposer", a poursuivi le président de la FAAPA.

La situation est très compliquée et elle demandait une réaction, a diagnostiqué M. Hachimi Idrissi, soulignant qu’à la FAAPA, l’idée est qu’en se réunissant avec des agences africaines, "nous allons réfléchir ensemble pour trouver quelques idées qui vont nous permettre de rapatrier une partie de la réflexion sur notre activité dans nos pays respectifs ».

A la FAAPA, a fait valoir M. Hachimi Idrissi, il y a une conviction qu’au-delà des formations, il y a un besoin d’organisation, de vision stratégique et de gestionnaires d’organes de presse.

Partant de cette réflexion, les membres de la FAAPA ont décidé de prendre en charge, entre africains, ce qu’ils peuvent faire et ce qu’ils maîtrisent déjà et essayer de développer des niveaux de coopération qui sont différents et qui tiennent compte des états d’avancement respectifs, 60 ans après les indépendances.

L’ambition de la FAAPA est de se projeter dans une autre démarche et une autre méthodologie de coopération internationale sud-sud engagée, a-t-il dit, affirmant que l’expérience a montré, au fil des 5 ans d’existence de la Fédération, que "ça marche mieux".

"On comprend mieux les besoins des uns et des autres et on a développé des attitudes de coopération en matière de formation et d’échange d’expertise qui sont plus adaptées à nos besoins", a-t-il encore dit.

M. Hachimi Idrissi a, en outre, fait état d’un autre phénomène qui s’est développé ces dernières années, celui de la logique commerciale qui prend de l’ampleur aux dépens de la logique de coopération en matière d’information.

Toutes ces idées ont donné lieu à la création de la FAAPA et, depuis le tout début, les membres fondateurs de la Fédération partageaient la même analyse de la situation, a-t-il fait observer.

A la FAAPA, a nuancé M. Hachimi Idrissi, le but n’est pas d’inventer quelque chose d’extraordinaire mais déjà réussir à doter l’agence de presse d’arguments à faire valoir vis-à-vis des pouvoirs publics et "ça c’est un acquis considérable".

"Une agence de presse est isolée et n’a pas de relais. On s’est rendu compte souvent dans plusieurs pays membres que la capacité de plaidoyer de la FAAPA a ouvert des portes et cette capacité de plaidoyer, à elle seule, justifie la création de cette Fédération", a-t-il fait valoir.

Un autre acquis de la FAAPA est le site "faapa.info" qui fait office aujourd’hui du premier site africain d’information, a noté M. Hachimi Idrissi, poursuivant que la plupart des dépêches relayées dans des magazines africains internationaux proviennent de la FAAPA. Cette synergie est une "vraie success-story", s’est-il félicité.

"La bonne monnaie chasse la mauvaise", a lancé le président de la FAAPA, concluant que "si on développe une dynamique de bonne information, professionnelle et recoupée, on peut commencer peut-être à faire reculer cette marée de fake-news qui s’abat sur le monde.