Lahcen Daoudi expose à l'OCDE la stratégie du Maroc en matière de gestion des risques

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Le ministre délégué chargé des affaires générales et de la gouvernance, Lahcen Daoudi, a exposé, ce jeudi 7 décembre au siège de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) à Paris, la stratégie du Maroc en matière de gestion des risques, réitérant la disposition du royaume à poursuivre sa coopération avec l’Organisation et ses Etats membres dans ce domaine

Conscient de l’importance de faire face aux risques majeurs, le Maroc s’est engagé depuis quelques années dans un processus d’amélioration de ses politiques de gestion des risques, a relevé le ministre qui intervenait lors du forum de Haut niveau sur le risque.

Il a également indiqué qu’afin de tirer profit des bonnes pratiques internationales, le Maroc participe activement à ce forum, rappelant qu’il a contribué dans ce cadre au processus d’élaboration de la recommandation de l’OCDE sur la gouvernance des risques majeurs, adoptée en mai 2014.

C’est dans ce contexte que le gouvernement a conclu en 2015 un accord de coopération avec l’Organisation pour réaliser une revue de la gouvernance des politiques de gestion des risques au Maroc, a-t-il noté.

La revue avait pour objet de conduire une évaluation externe et objective des politiques nationales de gestion des risques par des pairs internationaux, en vue d’en identifier les succès et les points forts et les défis qui restent à relever, ainsi que les besoins en termes de développement des capacités, a rappelé Daoudi, précisant que cette revue s’est organisée autour d’un dialogue et d’un échange d’expériences, ainsi que l’apprentissage mutuel entre les pairs et l’ensemble des parties prenantes de la gestion des risques au Maroc.

Elle s’est également focalisée sur les risques majeurs liés aux inondations, sécheresses, séismes et tsunamis sur l’ensemble du territoire national, a-t-il poursuivi, notant qu’elle a couvert l’ensemble du cycle de gestion des risques : l’évaluation, la prévention, la gestion de l’urgence, le relèvement et la reconstruction.

Le ministre a aussi fait observer que la revue a confirmé les progrès accomplis par le Maroc en matière d’appréhension des risques majeurs, durant les 20 dernières années, précisant qu’elle a recensé environ 45 bonnes pratiques nationales au rang des standards internationaux.

Toutefois des défis restent encore à relever, a estimé Daoudi, expliquant que la gestion des risques au Maroc est basée sur des stratégies mono-risques et fragmentées.

Il a dans ce sens fait remarquer que pour améliorer le système national de gestion des risques, les experts de l’OCDE ont formulé 30 recommandations en matière de gouvernance, d’évaluation, de prévention, de réponse d’urgence et de relèvement, rappelant que ces recommandations sont regroupées en 5 grands axes dont le développement d’une stratégie intégrée basée sur des mécanismes de coordination, de suivi et d’évaluation, ainsi que d’une culture de gestion des risques basée sur une évaluation commune impliquant tous les acteurs.

Il s’agit aussi du développement d’un système de financement qui favorise la prévention de risques, et dont les ressources financières sont durables et utilisées de manière optimale, ainsi que l’amélioration des systèmes d’intervention et de gestion des situations d’urgence et de crise, grâce à l’alerte précoce des risques multiples, à la coopération interinstitutionnelle et à la modernisation des moyens de communication, a dit Daoudi.

Le cinquième axe porte sur l’adoption d’un financement basé sur des mécanismes de transfert des risques et d’un système de compensation pour permettre la réalisation des opérations de reconstruction et de réhabilitation, a indiqué le ministre, faisant observer que pour la mise en œuvre des ces recommandations, un nouvel accord de coopération a été signé en octobre 2016 entre le gouvernement et l’OCDE.

Ce projet qui s’étale sur deux ans (2017-2018) mobilise l’expertise du forum de haut niveau de l’OCDE sur le risque afin d’accompagner le Maroc à mettre en œuvre certaines recommandations prioritaires, a-t-il souligné.

S’agissant de la mise en place d’une structure nationale de coordination des politiques de gestion des risques, une feuille de route a été élaborée par les experts de l’OCDE selon une approche participative impliquant l’ensemble des acteurs nationaux, a indiqué Daoudi.

Concernant le renforcement des capacités des acteurs, le ministre a fait savoir que 3 ateliers thématiques nationaux ont été réalisés avec des experts en provenance notamment de France, d’Espagne, d’Italie et du Mexique et ont permis d’échanger autour de l’évaluation, la prévention et la gestion de l’urgence, précisant que le dernier atelier sur le relèvement et la reconstruction est prévu avant fin décembre.

Les résultats de ces ateliers donneront lieu à l’élaboration de quatre guides pratiques thématiques qui seront partagés et enrichis au cours de six ateliers régionaux programmés pour 2018, a-t-il expliqué.

Le ministre a en outre assuré que le Maroc apprécie tout apport éventuel des Etats membres du forum en termes d’expertise.

A noter qu’en marge de sa participation à ce forum, Daoudi a examiné avec des responsables de l’OCDE les échéances et programme de coopération entre le royaume et l’Organisation, ainsi que les actions visant à donner une meilleure visibilité au rôle du Maroc et à sa contribution aux différents programmes de l’OCDE.