Les sciences sociales au Maroc ont porté un intérêt particulier au monde rural

5437685854_d630fceaff_b-
208
Partager :

Les projets et les recherches menés dans le domaine des sciences sociales ont porté un intérêt particulier au monde rural, notamment dans le volet relatif à la culture amazighe, ont relevé les participants à une conférence tenue lundi 22 avril à Rabat.

Les intervenants à cette conférence de deux jours sur "les transformations dans les milieux ruraux amazighs" ont souligné que les travaux du défunt sociologue Paul Pascon se sont focalisés sur une analyse des dynamiques sociales, ce qui est mis en évidence dans "l'Histoire sociale du Tazerwalt".

Selon Hammou Belghazi, chercheur à l'Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), les transformations rapides qu'ont connues les champs militaire et éducatif figurent parmi les facteurs qui ont contribué au changement de la structure mentale dans la région de Zemmour.

Dans un exposé sur "les acteurs du changement de mentalités dans la région de Zemmour", M. Belghazi a expliqué que les tribus de Zemmour ont adhéré à l'effort militaire dès la Deuxième guerre mondiale (1939-1945), lorsque des troupes de cette tribu ont été envoyées dans les territoires outre-mer, en Europe, en Indochine et en Corée (après 1945).  

De retour du service militaire, les jeunes avaient tendance à braver les us et coutumes locales, à défier l'autorité de leurs aînés et leurs comportements économiques ont beaucoup changé, a noté le chercheur, ajoutant que sur le volet éducatif, l’introduction de l'enseignement moderne à Zemmour s'est profondément répercutée sur les enfants, pour qui la langue française est devenue, sous l'effet de la propagande française, synonyme de progrès et de modernité.

Dans son intervention sur "les transformations socio-économiques et culturelles dans les milieux ruraux amazighs", Mohamed Oubnal, chercheur à l'IRCAM, a relevé que les romans de feu Mohammed Khair Eddine ont réussi à illustrer les transformations de la société rurale marocaine.

De leur côté, Zakaria Guediri de l'université Hassan II de Casablanca a indiqué, dans une présentation sur "l'identité des jeunes agriculteurs marocains", que les jeunes ruraux marocains rencontrent aujourd'hui une multitude de difficultés, notamment pour l'accès au foncier et à l'investissement.