Maroc : L’état d’esprit dans le monde du travail

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Un état d’esprit au travail, c’est déjà une chance de croiser le succès. Un cumul de petites réussites font du salarié, du businessman, de l’entrepreneur une personne à succès. Au Maroc, de prime à bord, l’esprit patriotique cité dans les discussions sur le monde du travail est non négligeable. Beaucoup vous diront qu’ils veulent gagner leur vie, mais qu’il faut aussi bien donner un peu de soi pour encourager le développement du pays. C’est aussi ça, ce jugement, que l’on appel, un état d’esprit

Le discours patriotique face au travail est un discours qui met sur le devant de la scène un dialogue entre le travail et la société, certes. Mais au Maroc, une petite partie de la classe moyenne a surtout pu trouver dans le monde du travail un ascenseur social.

Une petite partie, oui, car l’autre partie, elle, cherche toujours le moyen de développer son état d’esprit ainsi que de la maîtrise dans son travail pour y accéder à son tour. Tout compte fait, en ayant remarqué des exemples incarnés de la réussite de la classe moyenne, les salariés sont maintenant convaincus de l’importance de leur tâche, et ce, malgré le fait qu’ils ne soient toujours pas correctement rémunérés. Cet apprentissage, la mise en application de cet esprit, un esprit emprunt de débrouillardise et de travail sur soi est donc un phénomène à prendre en considération, d’autant plus que la sphère professionnelle au Maroc est de plus en plus concernée par la modernité tant prisée par le pays. Par modernité, disons-le clairement, il s’agit d’une envie, l’envie d’un horizon meilleur, plus adapté, il s’agirait même d’être meilleur.

Il faut donc maîtriser ses acquis. Par maîtrise, il faut penser aux pratiques basiques qui permettent aux travailleurs les plus talentueux, ou en tout cas les plus « sages », l’accessibilité aux travaux, projets et postes-clés du monde de l’entreprise. Mais malgré la modernité apprise et les compétences acquises, les salaires restent bas, et de ce fait, l’initiative ainsi que l’engagement encore trop peu exercés.

Malgré cela, il faut garder l’œil ouvert, si on veut apprendre de cette ambiance, de cet état d’esprit. Car la débrouillardise est d’actualité. Les talents sont multiples et constituent l’état d’esprit du monde du travail dans le Maroc d’aujourd’hui. Apprendre la patience, construire et déconstruire, faire de son travail un lieu sacré, cultiver sa voie, viser plus haut, sont autant de valeurs à apprendre de ces agents, car il faut tôt garder ce coup d’œil vif sur des possibilités, sur certains profils. Ces ouvertures, ces qualités, sont de plus en plus présentes dans le monde de l’entreprise notamment, et tout particulièrement dans le monde de l’entreprenariat.

Il faut par ailleurs rappeler qu’au Maroc, à plus d’un titre, le monde du travail dans sa globalité n’a pas toujours été ouvert à tous. Il y a par exemple la toute nouvelle implication des femmes dans les domaines socioprofessionnels.Et aujourd’hui, l’activité professionnelle a trouvé le moyen de s’élargir, touchant maintenant au monde associatif, entrepreneurial etc.

Certains y ont accès, ils parviennent à trouver leur voix. Mais d’autres rament plutôt dans le vide, sans réussir à grimper l’échelle sociale. Peut-être à jamais.

Puis il y a ceux qui, en décrochant leur diplôme des grandes écoles privées du royaume, espèrent jouer leur carte, à leur tour et prendre les raccourcis nécessaires pour développer au plus vite leur carrière professionnelle. Certains y arriveront, d’autres échoueront « en partie », malgré le fait qu’ils aient toujours incarné pour leur famille et leurs amis un espoir, et en seront à jamais marqués et touchés aux plus profonds de leurs tripes.

Alors qu’ils démarrent leurs tentatives de trouver un job, ils finiront par être marqués par le mépris incarné par les recruteurs, un mépris sans bornes et qui ne s’adresse qu’à ceux qui n’ont pas de « relations », de pistons. Les relations dans la sphère socioprofessionnelle au Maroc ne sont pas saines non plus, même après y avoir pénétré. Après avoir déjoué tant de pièges, nous reste-t-il réellement la capacité de « viser haut », nous reste-t-il la possibilité d’agir !

Ainsi, il faut se méfier des apparences ; l’état d’esprit, l’enthousiasme, le renouveau face au travail au Maroc est plus que jamais une clé pour s’améliorer, se développer, trouver sa voie, se retrouver. Mais les failles du système, le pessimisme qui touche les diplômés chômeurs par exemple, sont clairs, nets et précis. Le territoire est délimité, il n’appartient pas à tous. Lorsque « la crème de la crème » s’octroie le droit de se renouveler, et peut d’ores et déjà s’attribuer les mérites du changement, la classe moyenne elle, incarne l’individu qui trime pour tout le reste, pour ce qu’on ne peut pas changer, pour ce qui fait du mal. La classe moyenne, elle, doit se sauver de la pauvreté, et rien que pour la bousculer un petit peu plus encore, on ne lui octroiera peut-être jamais cette opportunité.

Ce que nous cherchons à éviter au final c’est la pauvreté, mais l’issue est bel et bien juste devant nous, cet « esprit », il ne faut pas l’abandonner, il faut le cultiver, c’est l’esprit de celui qui aime travailler, de celui qui veut échapper à la misère. Après tout, puisqu’il faut se donner, donner de sa personne, alors donnons, donnons de notre entêtement, de notre faculté à toujours nous reconstruire, de notre effort personnel, quitte à  s’obstiner, à ressayer plusieurs fois, quitte à bouillonner, à insister pour s’attirer la victoire.