Procès Al Hoceima : Amnesty appelle à annuler les verdicts

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Les peines prononcées par le tribunal de Casablanca contre Zefzafi et les autres manifestants dans les événements d’Al Hoceima continuent toujours de susciter l’indignation. Après des appels à manifester, hier et une pétition signée, Amnesty International s’est également prononcé

Amnesty a, en effet, déclaré que les verdicts doivent être annulés, considérant que le procès a été déloyal.

Heba Morayef, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International a déclaré : « Nasser Zefzafi et d'autres qui ont été condamnés et emprisonnés pour avoir protesté pacifiquement pour la justice sociale ou pour couvrir des manifestations en ligne n'auraient jamais dû être jugés en premier lieu. Il doit être libéré ».

Il a ajouté : « ceux qui sont raisonnablement soupçonnés d'être responsables d'infractions pénalement reconnues doivent être rejugés dans des procédures conformes aux normes internationales d'équité ou libéré ».

Amnesty International s’est également dit « très préoccupée par la nature des soi-disant aveux présentés comme éléments de preuve, les détenus ayant décrit la torture et d'autres mauvais traitements infligés par la police lors des interrogatoires. Les aveux obtenus sous la contrainte auraient dû être exclus du procès ».

Par ailleurs, Amnesty a affirmé que ce verdict a confirmé que le cas du journaliste Hamid El Mahdaoui, également détenu à Casablanca, a été séparé de celui des 53 autres accusés. L’ONG affirme que depuis mai 2017, les forces de sécurité marocaines ont arrêté des centaines de manifestants, y compris des enfants et plusieurs journalistes, au sujet des manifestations largement pacifiques. Parmi les personnes arrêtées figurent des dizaines de manifestants, activistes et blogueurs du Rif, au nord du Maroc, qui ont protesté pour réclamer la fin de la marginalisation de leurs communautés et réclamer un meilleur accès aux services dans la région, souligne-t-elle.

Toujours selon Amnesty, la plupart des accusations portées contre le chef de la protestation Nasser Zefzafi et ses co-accusés sont incompatibles avec les obligations du Maroc en matière de droits de l'Homme puisqu'ils criminalisent l'exercice pacifique des droits à la liberté de réunion, d'association et d'expression.

Les manifestants, ajoute l’ONG, ont décrit la torture et d'autres mauvais traitements, y compris des passages à tabac, des suffocations, des enlèvements, des menaces de viol et des insultes infligés par la police lors de leur arrestation et lors de leur interrogatoire.

Pour rappel, après huit mois de procès, la chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca a condamné Zefzafi et ses compagnons à des peines allant de 20 ans de prison ferme à un an avec sursis. Verdict que nombreux de Marocains ont dénoncé et jugé injuste.