Procès Bouachrine : Récapitulatif d’un marasme

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Le Procès Bouachrine ne connait pas d’accalmie. Les rebondissements théâtraux enlisent cependant le procès. Après plusieurs audiences ponctuées de problèmes de santé, cette dernière audience a enfin pu donner lieu a un début de développement.

Après plusieurs évanouissements et autres problèmes de santé, cette quatrième audience a laissé place à l’argumentation de la défense.

Un procès toujours houleux

L’affaire Bouachrine s’est poursuivie jeudi 5 avril à la Cour d’appel de Casablanca. Un procès toujours agité du journaliste Taoufik Bouachrine, qui est accusé de viol, de tentative de viol, d’harcèlement sexuel et de traite humaine.

La quatrième audience a enfin pu laisser place à un développement du procès avec l’argumentation de la défense de Taoufik Bouachrine.

Les deux audiences précédentes avaient été levées suite à des problèmes de santé de deux plaignantes. La deuxième audience avait vu l’évanouissement d’Asmaa Hallaoui.               Khouloud Jabri, lors de la troisième audience, s’est évanouie à son tour, n’ayant pas supporté l’intervention du Me Mohamed Ziane l'accusant de falsification du certificat médicale.

L’audience de jeudi a traité des demandes préliminaires et des plaintes pour vice de forme de la part de la défense, qui aurait mis en lumière plusieurs « écarts » vis-à-vis de la procédure encourue contre Taoufik Bouachrine.

La défense a tenté de retirer certaines pièces à charge du dossier notamment le CD (qui contiendrait des vidéos accablant le journaliste), l’un des éléments clés des accusations. La défense réclame aussi le retrait d’un des procès-verbaux relatifs à la perquisition et à la saisie de matériels audiovisuels au siège du journal fin février 2018.

Les avocats de la défense ont aussi demandé le listing complet des appels reçus par l’accusé Taoufik Bouachrine. Un listing montrant que des plaignantes avaient l’habitudes d’appeler plus de 40 fois par jour déclare Ziane, l’un des avocats de Taoufik Bouachrine. Des communications qui auraient été retirées pour altérer l’avis de la cour, toujours selon Ziane. L’audience a été levée et le procès reporté au mercredi 11 avril.

Plusieurs personnes ont été appelées à la barre par le parquet, mais n’ont pas répondu présent. Deux journalistes ont été entendues par la police judiciaire (et non pas à titre de plaignantes) Maria Moukrim et Hanan Bakour. D’autres se sont absentées pour plusieurs motifs notamment la journaliste Amal El Houari qui a déclaré via son avocat qu’elle « n’assistera pas » à ce procès. Celle-ci a d’ailleurs accusé la DGSN d’enquêter sur sa famille.

Accusation réfutée par la DGSN

Amal Houari avait accusé la DGSN en clamant que des éléments de la police en civil ont mené des investigations au sujet de la réputation de son époux au sein de l’immeuble où elle réside.

La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a démenti les allégations d’Amal Houari dans une mise au point publiée mardi. La DGSN a tenu à souligner qu'il ne s'agit pas d'investigations au sujet de la réputation de l'époux ou de tout autre membre de la famille de l'intéressée, mais d'une simple procédure de remise à l'intéressée et à trois autres femmes, de documents judiciaires émanant du parquet près la Cour d'appel de Casablanca.

Tout en réfutant les allégations contre ses fonctionnaires et insistant sur le fait qu'il était simplement question de l'application d'ordonnances judiciaires, la DGSN relève que les interventions des éléments de la police sont réglementées par la loi, encadrées administrativement et soumises à plusieurs niveaux de contrôle et ont pour finalité principale servir le citoyen, garantir sa sécurité et protéger ses biens.