Stress hydrique : le Maroc parmi les plus touchés

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Des concepteurs d’un système d’alerte par satellite couvrant 500 000 barrages dans le monde ont fait savoir que les réservoirs en eau des barrages du Maroc, de l’Inde, de l’Irak et de l’Espagne sont en baisse, rapporte le journal « The Guardian »

Le World Resources Institute (WRI), think tank américain spécialisé dans les questions environnementales, a indiqué que des dizaines de pays sont confrontés à des risques similaires liés à l’augmentation de la demande, à la mauvaise gestion et au changement climatique.

Le WRI travaille avec Deltares, le gouvernement néerlandais et d’autres partenaires pour construire un système d’alerte précoce en matière d’eau et de sécurité visant à anticiper l’instabilité sociale, les dommages économiques et la migration transfrontalière. Un prototype devrait d’ailleurs être lancé cette année mais un cliché, dévoilé ce mercredi 11 avril, a mis en évidence les quatre barrages les plus touchés.

Ainsi, le WRI a révélé que le déclin le plus marqué est celui du deuxième plus grand réservoir du Maroc, à savoir le barrage d’Al Massira qui a connu une baisse de 60% en trois ans en raison de la sécheresse récurrente, l’irrigation croissante et les besoins en eau croissants des villes comme Casablanca. Le WRI a ajouté que malgré les récentes pluies, l’eau est au plus bas niveau depuis une décennie. Il a également rappelé que la dernière fois que le barrage a été épuisé, la production céréalière a diminué de moitié et plus de 700 000 personnes ont été touchées. Il prévoit d’ailleurs que la pression sur cette source augmentera cette année avec le nouveau projet de transfert d’eau le reliant à Marrakech.

Après le Maroc, le barrage de Mossoul en Irak connait également un déclin prolongé et une baisse de 60% depuis les années 90 en raison des faibles précipitations et de la concurrence turque, révèle le WRI.

Ce dernier indique également que des tensions ont été observées en Inde au sujet des allocations d'eau pour deux réservoirs reliés par la rivière Narmada. Les faibles pluies de l'année dernière ont laissé le barrage Indira Sagar un tiers en dessous de sa moyenne saisonnière, souligne le rapport.

Enfin, souligne le WRI, l'Espagne a souffert d'une grave sécheresse qui a contribué à une réduction de 60% de la superficie du barrage de Buendia au cours des cinq dernières années. Cela a frappé la production hydroélectrique et fait grimper les prix de l'électricité, mais les répercussions sur l'agriculture sont limitées par la contribution relativement faible (- 3%) de l'agriculture au PIB national.

Le WRI souligne que ces quatre barrages se situent dans les latitudes moyennes, les bandes géographiques de chaque côté des tropiques où le changement climatique devrait rendre les sécheresses plus fréquentes et plus longues.

Charles Iceland de WRI a déclaré : « les choses ne feront que s’aggraver au niveau mondial alors que la demande en eau augmente et que les effets du changement climatique commencent à se faire sentir ».