Suicide de Nassima, violée par 4 hommes : Pour la paix de son âme, Justice doit être rendue

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L’AMDH a adressé récemment une lettre au ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme, au ministre de la justice et au procureur général du Roi près la Cour de cassation pour dénoncer l’injustice dans l’histoire de cette jeune fille de 16 ans, Nassima, qui s’est suicidée après avoir été violée et vu ses bourreaux relâchés

L’histoire remonte à janvier 2016 quand la jeune fille en question affirme avoir été séquestrée et violée par quatre jeunes hommes à Marrakech. Après la plainte déposée par sa mère ainsi qu’un certificat médical attestant des sévices que la jeune fille a subi, la cour d’appel de Marrakech décide d’innocenter les violeurs présumés.  

Suite à cela, Nassima a tenté de se donner la mort deux fois : une fois en tentant de  se jeter d’un toit et une seconde fois en buvant de l’eau de javel. C’est finalement en mai dernier qu’elle arrive à ses fins et se donne la mort par pendaison.  L’AMDH souligne que l’affaire n’a été rendue publique que récemment après que l’association ait repris le dossier en main et demande l’ouverture d’une nouvelle enquête.

De son coté, le docteur Abderrahmane Aït Yahya, psychologue  à l’hôpital universitaire de Marrakech avait déclaré que Nassima était atteinte d’une maladie psychique (troubles du comportement) avant son viol et d’ajouter que ses violeurs ont exploité sa vulnérabilité, « aggravée par la décision du juge ». « C’est le stress post-traumatique qui l’a menée su suicide », a-t-il expliqué.

Pour sa part, Omar Ardib, responsable de l’AMDH à Marrakech, déclare : « c’est une jeune fille issue d’une famille très pauvre […] c’est seulement maintenant que nous avons toutes les informations nécessaires afin de demander une réouverture d’enquête ».  

Il ajoute que l’AMDH est prête à faire le nécessaire afin que justice soit enfin rendue et fait savoir qu’en dehors des lettres envoyées, l’association fait tout pour constituer un plaidoyer plus lourd.

L’AMDH réclame « la réouverture du dossier et le déclenchement d’une enquête pour définir les responsabilités, le traitement sérieux et transparent de cette affaire, conformément au droit international, le durcissement des sanctions dans toutes les affaires liées au viol, le suivi psychologique et social des victimes ainsi que le respect de la loi et le traitement de ces cas d’un point de vue judiciaire et non pas social ».