Brésil : Le Dieu Foot à l’épreuve de la contestation sociale

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Le Brésil est un pays où le football constitue non seulement un sport de divertissement ou une passion, mais plutôt un levier de développement, voire une sorte de religion.

Le Brésil respire football, pense football et dort football. Ce sport se  pratique partout et à tout âge, sur les plages et les places publiques, dans  les favelas et sur les toits des immeubles.

Dans les rues, des piétons, des livreurs, des vendeurs, des enfants, des  écoliers, des étudiants, des employés et des chauffeurs de taxi portent  souvent, sinon le maillot de la Seleçao, du moins celui de leur club de  football favori.

A l'heure du Mondial 2014, prévu du 12 juin au 13 juillet au Brésil, toute  la population est en fête et attend impatiemment cet événement planétaire.

Les Brésiliens ont beau protester contre l’organisation de la coupe du Monde par un pays aux prises avec de grands problèmes sociaux, il est fort à prier qu’un le coup de départ donné, chaque Brésilien reprendra le chemin de la chapelle foot. Dans leur quasi-totalité, les Brésiliens sont  confiants en la victoire de leur équipe

Dans ce géant latino-américain, la cote de popularité pour le ballon rond  reste toujours élevée parmi la population, tant pour les jeunes que les moins  jeunes, mâles ou femelles, selon les conclusions de certains instituts de  ondage.

Les manifestations sociales qui secouent le pays depuis ces derniers mois ne s'opposent pas au football proprement dit, mais s'élèvent surtout contre la détérioration de la qualité des services publics et des infrastructures de  base, dont le transport, le logement et l'éducation.

Le secrétaire général de la Fédération internationale de football association (FIFA), Jérôme Valcke, se montre optimiste en soulignant  récemment dans des déclarations à la presse qu'"on entend régulièrement dire  que les Brésiliens ne veulent pas de la Coupe du monde. Ce n'est pourtant pas ce qu'indiquent les sondages".

"Cela ne correspond pas non plus à la réalité que nous avons pu constater  sur le terrain au Brésil", a-t-il ajouté, citant, par ailleurs, un sondage mené  par l'Institut britannique "Sponsorship Intelligence" ayant révélé que 75 pc  des personnes interrogées se disent enthousiastes à l'égard du Mondial 2014,  alors que 57 pc des Brésiliens attentent avec impatience ce grand événement  sportif.

En outre, en novembre 2008, une enquête, réalisée par l'institut de sondage  Datafolha, au lendemain de la décision de la FIFA de confier au Brésil  l'organisation de la Coupe du monde de football, faisait état de l'intérêt de  79 pc de la population pour l'accueil de cette compétition mondiale.

Pour Juninho Pernambucano, l'international brésilien et l'ancienne star du  club français de l'Olympique lyonnais, avec lequel il a marqué 100 buts et a  été 7 fois champion de France, mais aussi 2 fois champion du Brésil, "si une  star déçoit, journaux et public se déchaînent".

"Le Brésil doit absolument gagner le Mondial 2014, sinon ce sera une  catastrophe nationale", a-t-il poursuivi, rappelant l'échec du Brésil en 1950  en finale face à l'Uruguay, que les Brésiliens ne sont pas prêts d'oublier et  refusent de voir se répéter un tel scénario à domicile.

"Au Brésil, les fans n'acceptent pas l'échec. Quand l'équipe perd, la presse  nous massacre. Deux ou trois défaites de suite et c'est l'entraîneur qui saute.  Pas de patience ni de pitié", avait-il déclaré à la presse, relevant que  lorsqu'un championnat de foot débute "les supporters ne veulent que la première  place. Pour eux, deuxième ou dernier, c'est pareil".

La Seleçao brésilienne, qui a été championne du monde à cinq reprises, "n'a  pas le droit de perdre", a-t-il réitéré.

Par ailleurs, dans ce pays d'Amérique latine, le football pourrait  constituer pour certains le chemin "le plus facile et le plus sûr vers la  gloire, la renommée et la fortune. Les personnes les mieux payées au Brésil sont incontestablement  les footballeurs professionnels, Neymar, Ronaldinho, Ricardo Kaka et bien d'autres.

L'attaquant brésilien du FC Barcelone, Neymar da Silva Santos Junior,  couramment appelé Neymar, à titre d'exemple, serait en tête des richissimes du  Brésil.

A en croire le magazine économique "People With Money", Neymar, âgé de 22 ans, est le footballeur qui a gagné le plus d'argent en 2013, suivant un  classement réalisé sur les "footballeurs les mieux payés du monde".

Neymar aurait amassé la somme de 82 millions d'euros sur la période étalée  entre avril 2012 et avril 2013, soit une hausse de 50 millions d'euros par  rapport à l'année précédente, selon la même source, faisant savoir que sa  fortune serait de 245 millions d'euros.

Le Brésil, qui a organisé une première coupe du monde de football en 1950, a  été 5 fois champion du monde, en 1958, 1962, 1970, 1994 et en 2002, et deux  fois vice-champion, en 1950 et 1998.

MAP avec Quid