Le Caire chagrine Alger

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La visite de Sameh Choukri, ministre égyptien des affaires étrangères au Maroc, porteur d’un message de son président AL-Sissi au roi Mohammed VI, n’est certainement pas faite pour plaire à Alger. L’escale du président égyptien  en Algérie lors de sa première visite à l’étranger en sa qualité de président, a permis à nombre d’observateurs, notamment algériens, de croire qu’un rapprochement algéro-égyptien constituerait un axe qui isolerait le Maroc. L’Algérie, toujours prompte à tirer, a saisi l’occasion pour entrainer un groupe de journalistes égyptiens, de par deux fois en quelques semaines, au camp de Tindouf pour les faire pleurer sur la veuve et l’orphelin. Elle a aussi multiplié les contacts avec différents supports médiatiques de L’Egypte pour attiser la tension entre les deux pays. On a eu ainsi droit à l’épisode de la présentatrice télé qui a tenté d’atteindre à la dignité des Marocains, ensuite la sortie du Moufti d’Al Azhar qui a presque excommunié le royaume pour avoir célébré l’Aïd Aladha selon sa propre observation de la lune et le reste à l’avenant : des écrits hostiles au Maroc dans la presse. Trop subites, trop de tirs croisés pour croire que ces attaques pouvaient être le fruit du hasard, et on commençait vraiment à craindre pour les relations entre l’Egypte et le Maroc dont le souverain a été l’un des premiers à apporter son soutien au nouveau président égyptien. Mais à trop tirer sur la corde elle a fini par casser. Le Caire, qui jusque-là se tenait à équidistance de Rabat et d’Alger dans le conflit du Sahara, a franchi un pallier en soutenant le plan d’autonomie proposé par le Maroc et en apportant son appui à l’unité territoriale du royaume. Pour l’instant, un seul journal algérien, Alwassat, a commenté tout en aigreur ce qu’il appelle « un retournement ». Mais le silence d’Alger n’en est pas moins strident.