A 100 mètres du siège de la prévention routière

657
Partager :

La musique andalouse est à la fête. La table est servie aux goûts et couleurs du ramadan. On attend plus que Karim. Karim c’est tout : le fils, le gendre, le frère, le fiancé, le mari, le père. Karim sot de la pâtisserie. Même s’il y a déjà plus qu’il n’en faut sur la table, Karim a entre les mains une boite de mets que l’on imagine délicieux. Karim est jeune, et beau souriant, il a une belle voiture et toute la vie devant lui. Le téléphone sonne, on n’attend plus que lui. J’arrive. Il n’arrivera jamais. Le téléphone sonne.  Cette fois-ci au domicile de la famille. Le visage de celle qui répond, habillée comme pour un matin de fête, se ferme. On devine la suite. On ne devrait pas stresser, se presser, quand on a une si belle famille, une si bonne table qui attendent. A fortiori, quand on en n’a pas.

L’heure de la rupture du jeûne est l’heure de tous les dangers.

J’ai cherché sur le site de la Commission nationale de la Prévention des Accidents de la Circulation les statistiques de l’impact de ces campagnes sur le comportement des conducteurs, dans lequel, il est vrai interviennent plusieurs facteurs. Je n’en ai pas trouvé.

En revanche, la CNPAC publie des statistiques des accidents et de leurs conséquences. A jour, les dernières étant celles de 2018 où l’on a enregistré une légère baisse des décès, moins de 14 par rapport à 2017. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est déjà ça de pris sur la mort. La tendance baissière commence en 2015 qui a enregistré un pic avec 3593 décès (plus 212 par rapport à 2014).

Dans la rubrique Etudes et recherches, on tombe sur une étude qui s’est fixée pour « objectif de favoriser l’adoption de documents normatifs et de systématiser les aménagements sécurisés dans les projets de voirie urbaine existants et futurs. » De nobles intentions dont je n’ai pas trouvé les recommandations faites aux collectivités locales.

Il faut concéder à la CNPACR que les campagnes de sensibilisation à elles seules ne suffisent pas ou encore que la « modification d’un panneau de vitesse n’est pas garante d’un changement dans le comportement de l’usager. » La preuve en est qu’a cent mètres du siège de la Commission, au croisement de l’avenue Al-araar et Mohamed Lyazidi, il y a bien, depuis des années, deux panneaux de stop. Pourtant c’est un enfer aux heures de pointe et un lieu de prédilection pour les accidents. Presque au quotidien. Sans que jamais la Commission ait jamais entamé une démarche conséquente et probante.  L’installation de ralentisseur par exemple. Même si elle n’a qu’une compétence de recommandation.