Algérie, pas si bête !!

592
Partager :

Moaud Bouchareb, président de l’assemblée populaire, chambre basse du parlement algérien, s’est fendu d’une déclaration on ne peut plus pertinente : Mais « où est-ce qu’avez-vous vu le président candidat ? ».

Peu importe que ce soit le même Mouad Bouchareb, cette fois-ci en sa qualité de coordinateur provisoire du FLN, qui a annoncé que Abdelaziz Bouteflika était le candidat du FLN. Peu importe aussi que l’on ait désigné l’ancien premier ministre, Abdelmalek Sellak, directeur de la campagne électorale comme en 2004, 2009 et 2014. Peu importe encore que l’appareil et les soutiens se sont mis en branle pour faire « élire » le président sortant.

Juridiquement, ce branle-bas de combat n’a aucune valeur. Abdelaziz Bouteflika ne sera candidat que quand, passé le délai du 3 mars, il aura déposé sa candidature à l’âge de 82 ans et un jour. Et encore, il ne le sera vraiment que lorsque le conseil constitutionnel aura validé sa candidature. Or ce conseil a toute les raisons du monde de ne pas le faire. Encore faudrait-il qu’on le lui suggère au creux de l’oreille.

Pour l’instant le président est à Genève où les médecins sont en train, selon les mauvaises langues, de le rafistoler pour l’épreuve du 3 mars. A moins qu’entre temps les tenants des aboutissants du pouvoir en Algérie décident de l’y laisser pour un repos bien mérité.

Devant les manipulateurs de la deus ex machina que 48 heures pour trouver une sortie honorable qui se résume en deux solutions : L’entrée en lisse du candidat de l’in extrémis ou le report des élections, assorti ou pas de l’état d’urgence, quand la dramaturgie aura atteint son point culminant

Pour l’instant, Bouteflika n’est donc pas candidat et la marée humaine qui est sortie ce vendredi pour manifester son hostilité à cette candidature et les manifestants qui ont arraché et piétiné, cas unique dans les annales de l’Algérie indépendante, les portraits du président, n’ont fait qu’un mauvais rêve qui va se dissiper avec l’aube d’une ère nouvelle.  

Et l’Algérie n’aura vécu qu’une mauvaise pièce de la commedia d’ell'arte où les Arlequin de la rue et les Scapin des allées du pouvoir auront livré au monde le piteux spectacle d’un théâtre de l’improvisation rare dans l’histoire.