Ben Hammad et la femme de César

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J’ai longtemps hésité avant d’intervenir dans « le débat » qui agite les réseaux sociaux et une bonne partie de la presse sur le «scandale » de l’accouplement dans la rosée matinale au bord d’une plage de deux éminences du Mouvement Unicité et Réforme (MUR), l’instance de réflexion théologique et de prédication du PJD.

Mon hésitation me venait de ma conviction qu’une relation entre deux adultes consentants ne regarde que ses auteurs, même si celle de Omar Ben Hammad et Fatéma Nejjar et doublée d’adultère. Ma réticence se nourrissait aussi du fait que les deux amants ont des familles qu’il fallait épargner et qu’en définitive ce sont deux êtres ordinaires soumis à la tentation de la chair si commune aux humains.

Leur appartenance dans des positions avancées aux prédicateurs autoproclamés gardiens de « l’ordre moral » ne change rien à ces convictions. Le président du MUR, Chikhi, a fait précipitamment expulsés du mouvement sans application de la présomption d’innocence, agissant comme César qui, même sans preuves de l’infidélité de son épouse Pompeia, la répudia car « la femme de César ne doit pas être soupçonnée ».

On me dira pourquoi alors j’interviens alors que ma conviction se situe du côté de « stare ma stare Allah » (préserve ce que Dieu veut qu’on préserve, l’honneur des gens).  Deux faits m’y ont poussé :

La montée en première ligne de quelques islamistes, qui seraient sans pitié s’il ne s’était pas agi des leurs, pour les excuser et leur trouver des raisons légitimant religieusement leur acte. L’un d’eux est allé jusqu’à dire que c’est  pour leur pureté avérée et attestée que Satan s’est démené pour les corrompre. Cette offensive n’a qu’un sens : Les islamistes entre eux vivent en marge de la loi positive qu’ils ne reconnaissent que tactiquement, et interprètent les commandements d’Allah à leur guise et selon ce qui les arrange.

Le second fait est l’apparition d’une hypothèse qui veut que les amants ont été victimes d’un traquenard. Ce n’est pas une hypothèse farfelue, mais je dirai tout de même, et après ? Même s’il n’y a que de mauvaises guerres, celle-ci est partie des bonnes. Les islamistes ne passent-ils pas leur temps à donner des coups au-dessous la ceinture, à accuser sans preuve et à colporter toutes sortes de rumeurs sur leurs adversaires ? Ce qui nous ramène à la femme de César. Quand elle occupe un si haut positionnement, non seulement elle ne doit être soupçonné, mais surtout ne pas s’exposer et prêter le flanc.