Benkirane et « le vendeur de gaz »

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« Le vendeur de gaz », c’est le sobriquet voulu infamant qu’un journaliste, dont la dérive égotique est de plus en plus marquée, a trouvé pour tenter d’écorcher l’image de Aziz Akhannouch. A la limite, je me demande s’il n’y a pas dans ce surnom un brin de relent de racisme social qu’a longtemps colporté un certain imaginaire populaire contre les Soussis  qui dominaient la petite épicerie. Je suis d’autant plus conforté dans cette suspicion que le même journaliste avait eu recours à la même technique réductrice contre Ilias El Omari en le qualifiant de « fils de la vendeuse de poules ».

Les motivations de cet acharnement, on en a une idée, et la peau de Aziz Akhannouch, que j’image tannée, n’en n’a certainement cure. Mais ce rappel n’est qu’un soit dit en passant, l’essentiel est ailleurs.

Ce petit jeu dure depuis si longtemps qu’on a fini par s’y habituer. Il m’a néanmoins interpellé lorsque lu que Abdalilah Benkirane, ancien chef de gouvernement, secrétaire général du PJD, a repris à son compte ce sobriquet lors de la réunion d’une section de son parti en vue du prochain congrès.

Il est de notoriété publique que Benkirane ne résiste pas à ce qu’il croit être un bon mot. Surtout que son droit à la survie (politique) et son envie d’existence  (partisane) en dépendent. Mais avec le recours à ce sobriquet dont la marque est pourtant déposée, on accède à un autre palier, deux étages au-dessous du sous-sol. Alors même qu’on aspire à un débat un peu plus élevé que des noms d’oiseaux.

Problématique autrement plus importante, la propension de Abdalilah Benkirane à toujours chercher à discréditer et à remettre en cause l’intégrité de ses adversaires politiques. Une attitude exclusive qui en dit long sur le penchant hégémonique de sa politique depuis qu’il a pris la tête d’affiche des meetings.

C’est presque du Bushisme : Avec moi, ou contre moi, d’un côté le bien, de l’autre la mal, le mal pouvant du jour au lendemain devenir le bien. Tant que l’istiqlalien Hamid Chabat s’opposait à lui, ce n’était qu’un pion doublé d’un voleur. Il est l’héros de tous les temps depuis qu’il l’a rallié. Un autre istiqlalien auquel il porte, je le sais, beaucoup d’estime, Nizar Barka qui aspire à déboulonner Chabat, est devenu la marionnette du ventriloque qui ferait tourner le Maroc, dès qu’il a osé le critiquer. Hormis Aziz Akhannouch qui semble sur la bonne voie dans la reconstruction du RNI, on peut multiplier les exemples et on me dira que c’est ça la politique. Je répondrai que c’est ce qui dégoûte de la politique. J’y ajouterai : feu Abderrahim Bouabid disait que la politique c’est de la cohérence et de l’éthique. Un minimum du moins.