Deux sorties opposées

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En 1997, l’Istiqlal est sorti laminé des élections législatives derrière l’USFP, l’UC, le RNI et le Mouvement Populaire. De deuxième parti du Maroc aux communales, il passe, alors qu’il est toujours dans l’opposition à la cinquième position en l’espace de cinq mois. L’intervention de l’administration dans la fabrication de ces résultats ne faisait pas l’ombre d’un doute

Le message était tout aussi clair : L’Istiqlal était puni pour les positions intransigeantes de son secrétaire général, Mhammed Boucetta tout au long de la préparation de “l’alternance consensuelle” entamées au début des années 90 du siècle dernier pour n’aboutir qu’en 1998.

Dès l’annonce des résultats des législatives, l’Istiqlal a regimbé en organisant un congrès extraordinaire du refus. Une enchère politique qui allait le repositionner au centre de la scène.

De conciliabule en conciliabule, Abderrahmane Youssoufi, premier secrétaire de l’USFP, revenu de sa bouderie cannoise, et qui savait qu’il ne pouvait aller au gouvernement qu’accompagné de ses frères ennemis istiqlaliens, réussit à les convaincre par un sésame que seul un homme comme lui ou un Boucetta pouvait en produire : La formation du gouvernement allait réparer ce que les urnes ont gâché. Il n’en fut rien, mais c’est une autre histoire.

Pour abroger les résolutions du congrès extraordinaire, il fallait en tenir un autre, ordinaire cette fois-ci. Le fait marquant de ce congrès n’a pas tant été la décision d’aller avec l’USFP au charbon, mais l’annonce du départ du leader. Le secrétaire général de l’Istiqlal avait compris que s’il voulait sauver le parti, il devait jeter l’éponge.

Cette attitude digne avait fini le ciselage de son image de leader historique et charismatique.

C’est en pensant à la sortie par le bas de Hamid Chabat au 17ème congrès de l’Istiqlal, que j’en suis venu à repenser à cette sortie par le haut de Mhammed Boucetta. Depuis, et en dehors de sa présidence réussie de la commission de la réforme du statut de la femme, il a observé une discrétion et une réserve quasi absolues pendant 19 ans. Une fois il a dérogé à la règle. Quand il a vu, juste avant son décès, les luttes intestines déchirer l’Istiqlal en préparation pour le congrès qui finalement s’est soldé par l’élection d’un nouveau secrétaire général. Mais la leçon qu’impose le modèle de Boucetta est qu’après avoir raté son départ, Hamid Chabat réussira-t-il à réussir la suite en s’en inspirant.