Gouvernement : Sous le signe de "va je ne te hais point"

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Il y a tout de même dans les consultations que mène le chef de gouvernement désigné quelque chose de nouveau : Le ballet des chefs de parti qui défilent au siège du PJD et ces points de presse à la fin des rencontres qui donnent à ces tractations un semblant de transparence.

Abdalilah Benkirane, dont les traits tirés marquent une certaine fatigue, a, selon toute vraisemblance, déjà embarqué avec lui le PPS, fidèle allié, et l’Istiqlal de Hamid Chabat qui a réussi à se rabibocher avec son frère-ennemi d’hier. Le chef de file des istiqlaliens a, si l’on croit les apparences, réussi à dégeler Benkirane.

Avec l’USFP et son premier secrétaire c’est une autre paire de manches. Même si le rêve de Benkirane est de constituer autour de lui la « Koutla historique » (PJD, Istiqlal, USFP et PPS), le courant n’est pas encore tout-à-fait rétabli en dépit des déclarations conciliantes et enthousiastes pour la participation de Lachgar.

Du côté des relations avec le PAM, Benkirane et Ilyas El Omari se font du pied dans un litotique  « va je ne te hais point » qui peut s’appliquer également aux relations avec les autres partis.

Mais ce n’est que le début et les choses se corseront dès que chaque formation précisera ses prétentions ministérielles dans un gouvernement forcément pléthorique.

L’incertitude vient du RNI qui a mis dans son escarcelle l’UC de Mohamed Sajid pour renforcer sa puissance de négociation. Il attend d’abord de changer son chef au congrès du 29 octobre. Seulement alors on connaitra sa position, mais le RNI est depuis sa création en 1978 un parti à vocation gouvernementale et ce n’est que par des accidents de l’histoire qu’il s’est retrouvé par moment dans l’opposition.

Dans tous les cas si on a été cherché l’actuel ministre de l’Agriculture et de la pêche pour remplacer à sa tête Salaheddine Mezour, ce n’est certainement pas pour faire de Aziz Akhennouch, un technocrate entrepreneur, le futur leader de l’opposition.

Abdalilah Benkirane pourrait toujours faire la fine bouche en essayant contourner le RNI par le MP de Mohand Laansar dans la future équipe gouvernementale. Mais le chef du gouvernement désigné qui doit revenir vers le Roi avant de finaliser l’ouvrage, n’est pas seul sur le terrain.