Gouvernement : Le choix de la clarté

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Rêvons un instant : Que ce serait-il passé si tous les chefs de parti qui ont laissé des plumes aux législatives du 7 octobre avaient convoqué la presse pour annoncer leur démission irrévocable et déclarer qu’ils passaient la main à un intérimaire en attendant l’organisation de leurs congrès respectifs pour élire un nouveau chef de file ?

Premièrement, ils en seraient sortis grandis. Ne voilà-t-il pas des politiques dignes qui tirent les leçons de leur échec et de la sanction du vote populaire ? Deuxièmement, la face de la politique au Maroc en aurait été changée. La piteuse image qu’ont les Marocains des politiques nationaux cramponnés à leurs intérêts, attachés à leurs fauteuils et portefeuilles, peu soucieux du bien des gens, s’inversera d’elle-même.

On aurait été alors en présence de la naissance de nouvelles pratiques et fort probablement de la renaissance de l’intérêt des populations pour la chose politique.

Malheureusement le Maroc change mais pas le politique marocain. Il y a fort à parier qu’à l’occasion de la formation du gouvernement on va se retrouver en face des tractations habituelles, des petits jeux d’alliances, de la course derrière les postes pendant que le Maroc a besoin de clarification.

Pourtant les législatives ont fait ressortir clairement que les électeurs, du moins ceux qui se sont déplacés, se divisent en deux courants, l’un franchement conservateur avec 43,54% des sièges, et l’autre, on va dire libérale pour éviter moderniste avec 48,86%. Si l’on veut la clarification c’est autour de ces axes que doivent se définir les futures majorité et opposition.

Or voila que parmi les scénarii qui circulent certains font fi de ce constat et voudraient constituer la Koutla historique qui se composerait de la défunte Koutla démocratique (Istiqlal, USFP et PPS) et les islamistes du PJD. C’est une composition plausible, mais qui ne ferait que renforcer Benkirane et ses amis, outre qu’elle entretiendrait la confusion actuelle. Car une telle version n’aurait de crédibilité et ne pourrait être d’un apport réel au crédit de la politique que si les partis de l’ex-Koutla avaient osé la révolution de changer leurs directions et de renouveler leurs idées et leurs comportements mercantiles.