Le lâcher des frustrations

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Elle s’est retournée dans son lit, pris son temps, son café ou son thé, peut-être sa douche. Puis s’est réveillée pour condamner l’agression d’une jeune fille dans un bus par une horde d’adolescents désœuvrés.

Il a fallu 48 heures à Bassima Hakkaoui, ministre de la famille, de la solidarité, de l’égalité et du développement social pour sortir de sa torpeur. Il lui a fallu surtout l’interpellation de Omar Dahbi, directeur central des rédactions de Médi 1tv, qui a publié sur sa page facebook un texte où il s’étonne de ce silence et se demande s’il n’est pas en relation avec le foulard qu’elle porte. Manière métaphorique de renvoyer la ministre à son islamisme rétrograde.

Suffisant, largement, pour embraser la toile. Un torrent d’insultes, mais pas une seule idée à prendre fut-ce avec des pincettes. Mais c’est ça les réseaux sociaux, un peu de qualité et beaucoup de vomissures dans un lâcher débridé, tant que ses auteurs sont d’illustres inconnus ou de lâches anonymes, des frustrations et du refoulé.

Plus grave, la sortie, toujours sur facebook, d’un dirigeant du PJd, présumé intellectuel, Hamieddine de son nom, ce qui signifie, rien que ça, protecteur de la religion. Pareil patronyme ça ne s’invente pas, il faut le mériter.

Et Hamieddine le mérite. Il s’accroche à son foulard et ne le lâche plus.

Dans un premier temps, il s’interroge : un directeur de rédactions d’une chaine qui recevrait des subventions publiques aurait-il le droit de s’exprimer ainsi ? Et pourquoi, pendant qu’il y est, ne pas le priver du droit de voter ?

Dans un deuxième temps, en substance et pour l’essentiel, il se demande si la ministre n’avait pas le droit de porter le foulard. Ce que jamais Omar Dahbi n’a laissé entendre. Mais allez demander à des islamistes littéralistes de recourir à la sémiologie pour comprendre le sens des mots et faire la différence entre le contenant et le contenu.