Le navet

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Au début, c’était lamentable, mais excitant. Enfin, amusant. Le secrétaire général du PJD, Abdalilah Benkirane, qui s’enflamme contre l’autoritarisme dont il choisit comme figure de proue le PAM et son Ilyase El Omari. Le secrétaire général du PAM qui contre-attaque sur l’obscurantisme qui ne cherche pas moins qu’à noyauter l’Etat pour le soumettre à ses desseins d’un autre âge.

Un film d’horreur qui emprunte au cirque ses clowns. On est effrayés tout autant que morts de rire. On croyait que ça allait se jouer à guichets fermés. A l’arrivée, l’arène n’a pas affiché complet. Plus de 55% d’abstention.

Aucun des acteurs n’a réussi à tenir son rôle de composition. Ils n’en ont pas le talent ni la culture. Aucune comparaison commune, mais pour cela, par exemple, il fallait une Marion Cotillard dans La Môme, qui a placé la composition dans l’encore inatteignable quatrième dimension.

Le spectacle n’a même pas tenu ses promesses. On se retrouve donc devant une campagne électorale qui ne fut que la bande annonce d’un mauvais film. Ses meilleures séquences sont des bides. Même pas digne d’une série B.

La suite c’est du Vaudeville sans la truculence du Feydeau. On quitte l’écran noir de nos jours tout aussi sombre pour les planches du théâtre. Des portes qui claquent, des voix qui s’élèvent, des couples qui s’invectivent, des séquences qui, en l’occurrence, ne font pas rire. Bref, du courant d’air.

Mauvais remake. Comme en 1998 avec l’USFP suspendu au congrès de l’Istiqlal pour l’accompagner au gouvernement, Abdalilah Benkirane, une fois chef de gouvernement désigné, entre dans la salle des expectantes, dans l’attente que le congrès du RNI intronise Aziz Akhennouch.

Cela fait, les deux hommes se rencontrent, un petit tour, puis s’en vont. Depuis on attend. Ils se sont vus, ils vont se voir, ils ne se sont pas vus, Is se sont vus mardi... et plus personne ne sait à quel metteur en scène se vouer. Le tournage continue, pourquoi s’en priver du moment que c’est le contribuable qui subventionne la production. Et si le dialogue est à la hauteur du scénario, une fois mixés, ils vont accoucher de l’inévitable navet. Un long métrage que les légumes que nous sommes seront contraints de visionner cinq ans durant.