Migration : Une histoire sans fin

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Une première dépêche ce matin 22 octobre : « Douze militaires ont été blessés dimanche matin en essayant d’empêcher un groupe d’environ 300 migrants subsahariens d’atteindre et d’escalader la clôture séparant la ville de Nador au préside de Mellilia. Les douze militaires, dont certains ont été grièvement blessés, ont été évacués à l’hôpital de Nador pour recevoir les soins nécessaires ».

Douze soldats pour trois cents migrants, en principe désarmés, n’a qu’une seule explication. L’armée n’a pas mis les moyens suffisants en face dans le but d’éviter l’irrémédiable, causer des dégâts physiques parmi les ressortissants subsahariens. C’est le prix de la retenue et il faut lui en rendre hommage.

Mais une telle information ne pouvait rester sans conséquence. Elle allait tomber peu de temps après. « Les autorités marocaines décident le refoulement de tous les émigrés clandestins qui ont participé à l’assaut contre la clôture du préside occupé ». Force doit rester à la loi, autrement c’est l’autorité qui va entrer dans un état de déliquescence avancée.

Et après ? Et après reste le goût amer de ces malheurs humains que vivent les Marocains dans leur chair à travers leurs propres candidats à la traversée macabre de la méditerranée et leurs co-continentaux unis dans un même défi que même la fort probabilité d’un rendez-vous avec la mort n’effraye pas.

Si on n’a aucune idée de l’histoire des migrations et de leur fatalité depuis l’aube de l’humanité, l’histoire actuelle qui se déroule sous nos yeux se suffit à elle-même pour démontrer l’irrésistibilité du courant migratoire.

En plus clair, ce dimanche d’octobre n’est qu’un dimanche appelé à devenir comme les autres, un dimanche, ou n’importe quel autre jour de la semaine, un jour ordinaire qui verra encore et encore la ruée vers l’Eldorado se répéter comme un mauvais film cauchemardesque.

Il y a bien sûr une solution pour les occidentaux à ce flux-flot de plus en plus tendu : effacer de la terre à coups de bombes nucléaires les pays émetteurs. Ou s’engager dans une véritable politique de co-développement, de partage des richesses et du savoir, qui ne se paye pas de mots et ne règle pas en monnaie de singe. Il n’est pas interdit de rêver.