Un coup de pied dans la fourmilière

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C’est l’industrie pharmaceutique qui a dû sabler ou plutôt sabrer le champagne à l’annonce du limogeage du ministre de la Santé Houcine El Ouardi. Jamais dans l’histoire du Maroc ministre n’a autant fait pour la baisse des prix des médicaments. Mais on ne va pas le pleurer pas plus qu’on ne va pleurer ceux que le couperet royal a fait descendre de leur piédestal. Il faut juste espérer que celui qui lui succédera maintiendra le cap, car la bonne santé, et le cas échéant, l’accessibilité des soins et des traitements font partie des urgences et causes du mécontentement populaire.

Ce qui s’est passé au Maroc mardi en fin d’après midi n’a d’égale que l’arrestation au début des années 70 de plusieurs ministres dont Mamoun Tahiri, Mohamed Jaïdi, Abderrahim Lazrak et d’autres. Sauf qu’ici ni le procédé, ni les circonstances, ni les raisons ne sont les mêmes. Mais l’effet est identique, celui d’un vrai coup de pied dans la fourmilière.

Ce n’est pas encore le séisme annoncé, celui-ci n’ayant pour l’instant qu’une fonction d’épée de Damoclès, mais la secousse est réelle. Dans bien des administrations centrales, préfectorales et provinciales, il y a du monde qui tremble, surtout que les Centres Régionaux d’Investissement sont dans le collimateur, le Souverain ayant donné ses instructions au président de la Cour des comptes d’y faire un tour, en même temps qu’il a chargé le chef du gouvernement de prendre les mesures nécessaires à l’encontre de 14 hauts responsables impliqués dans les « dysfonctionnements ».

Pour la suite, les spéculations sur un nouveau gouvernement vont bon train. On ne va pas y souscrire. Les instructions royales à ce sujet sont claires : Il a demandé « au chef du gouvernement de [lui] soumettre des propositions de nominations de nouveaux responsables dans les postes vacants ».

L’essentiel aujourd’hui est que cette action exceptionnelle ne reste pas une exception, mais devienne la règle. Non pas dans ce sens où les limogeages se transforment en pain quotidien des Marocains, leur constance serait même la preuve de l’échec. Mans dans celui où la préparation et l’élaboration des projets, leur mise en œuvre et le suivi rigoureux de leur exécution,  le respect des échéances deviennent un automatisme.