Carburants : 18 milliards investis par les distributeurs depuis la libéralisation

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Selon le rapport de la mission d’information parlementaire, les marges des compagnies pétrolières de distribution ont augmenté avec la libéralisation des prix survenu en décembre 2015. Explications

Le rapport fait savoir que le gouvernement a économisé environ 35 milliards de dhs par an et est donc celui qui a le plus bénéficié de cette libéralisation.

En suggérant un retour à un régime de prix administrés, fixés selon une formule élaborée par le ministère des affaires générales et de la gouvernance, le rapport s’interroge tout de même sur l’acceptation de cette solution par l’Etat et par les distributeurs.

D’un autre côté, la pression fiscale sur le prix du carburant est de 34,5% sur le gasoil et 43% sur le super au Maroc. Autrement dit, lorsque le litre est vendu à 10 dhs, 2,45dhs vont à l’Etat pour le gasoil et 4,30 dhs pour le super.

Le Maroc, souligne le rapport, consomme 12 millions de tonnes d’hydrocarbures par an, soit 250 000 barils par jour. Et de poursuivre qu’il existe vingt sociétés de distribution dont trois multinationales opérant à travers des filiales de droit marocain.

Le rapport fait également savoir que le nombre de stations est passé de 2205 à 2477 après la libéralisation des prix. Il constate ainsi une accélération des investissements dans le réseau et dans les capacités de stockage.

Sur l’ensemble de ces éléments, certains médias ont choisi de se concentrer sur le bénéfice engrangé par l’Etat pour pointer du doigt la gestion du PJD, d’autres ont choisi de se focaliser sur le bénéfice des distributeurs, essentiellement pour pointer du doigt Aziz Akhannouch, oubliant au passage le reste des distributeurs qui ont eux aussi augmenter leurs marges. Toutefois, d’aucun n’ont jugé utile de s’arrêter sur l’investissement que la libéralisation des prix a obligé les distributeurs à faire. Selon un membre de la commission parlementaire contacté par le Quid, ce chiffre s'élèverait à 18 milliards de dhs.

18 milliards de dhs investis par les distributeurs

Il faut souligner que depuis la libération du secteur des hydrocarbures, l’Etat a exigé des pétroliers des investissements importants dans les capacités de stockage (900 000 tonnes disponibles actuellement et 700 000 tonnes en cours), le stock de sécurité (obligation de détenir un stock de 30 jours minimum, soit 900 000 tonnes de produits ou une valeur de 8 milliards de dhs), la mise à niveau des services notamment en systèmes d’informations (prix des carburants affichés à l’entrée des stations et au niveau des volucompteurs) et enfin le réseau des stations-service afin d’améliorer la couverture territoriale.

Par ailleurs, l’ensemble du programme d’investissements du secteur (hors produits) s’élève à 10 milliards de dhs sur cinq ans, soit un total d’investissement de 18 milliards de dhs, montant sur lequel se sont engagées les sociétés de distribution. Ce montant est à mettre en parallèle avec les 14 milliards de plus value engrangée par le secteur.

En effet, le maintien du stock coûte cher et les distributeurs honorent leurs engagements depuis la libéralisation du secteur en évitant tout risque de pénurie des carburants au Maroc, souligne un membre de la commission parlementaire qui ajoute que seules les sociétés de distribution supportent les coûts de ce stock.

Enfin, le rapport note que le nombre de sociétés de distribution, l’existence de stratégies d’investissement et la diversité des sources d’approvisionnement constituent des indicateurs favorisant l’existence d’une concurrence.

Ce rapport sera présenté et discuté, ce mardi 15 mai, au sein de la commission des finances à la Chambre des représentants.