Réformer par la loi

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Entre la Coupe du monde féminine du football, la CAN en Égypte et la Copa America au Brésil, les amateurs de foot sont saturés. Les pérégrinations des clubs marocains dans les différents championnats africains et leurs rebondissements ont saturé les amateurs de ce sport envahissant.

Sous le foot, le nationalisme le plus aveugle, et parfois le plus imbécile, se tient en embuscade loin du fair-play sportif. Les tambours de guerre résonnent plus rapidement que les ovations explosives des tribunes. Des foules de supporters chauffées à blanc, les yeux exorbités, expriment leur haine de l’autre avec une légitimité douteuse, celle justement que confère ce sport de fous.

 

Maintenant, la pratique saine du sport, de tous les sports, et pour tous les âges, relève de la responsabilité de l'État. Les politiques publiques dans ce domaine peuvent indiquer, aisément, le niveau d’évolution sociale et démocratique d’un pays. Un indicateur décisif.

Prenons l’exemple du football féminin et sa Coupe du monde — une vraie brise en ces temps de canicule — et posons la question de savoir pourquoi l’équipe américaine, plusieurs fois championne du monde, est, généralement, la plus performante. La réponse est simple : C’est par la loi que les conditions les plus optimales pour l’exercice de ce sport sont réunies.

En 1972, la loi a interdit toute discrimination selon le genre dans la pratique du sport, notamment dans les universités.
Malgré les résistances, cette loi a donné 20 ans d’avance aux USA dans la pratique du sport féminin toutes disciplines confondues.

La NAAC, National Collegiate Athletic Association, a fini par épouser cette évolution et elle est aujourd’hui une organisation qui regroupe plus de 460.000 étudiants-athlètes dans 1.280 universités ou collèges aux USA. La messe est dite. Tous ceux qui ont la conviction que l’on ne transforme une société que par la loi se voient ici réconfortés. Et à juste titre. Cela fait des années que l’on se lamente, chez nous, sur le sport scolaire et ses années providentielles. On se lamente aussi sur le sport universitaire et sa disparition des radars de la formation des jeunes au fair-play et aux valeurs de la citoyenneté.

Seule une loi courte, simple et carrée peut réconcilier les jeunes avec le sport, notamment à l’école et à l’université. Alors qu’attendons-nous ? Nous avons bien réussi, avec une intelligence certaine, à mettre la jeunesse sur le chemin du service militaire, alors pourquoi pas le sport ?