Un défaut de vision : Le Maroc derrière le Yémen

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L’autre drame, parce qu’il y en a encore, c’est que nous n’avons aucune vision du rôle du système éducatif. Celui-ci ne se confond pas avec l’école, qui en est sa colonne vertébrale. De manière triviale, la question c’est de savoir quelle génération voulons-nous pour l’avenir ? 

Le Maroc est à la traine dans tous les classements internationaux concernant l’éducation. Le dernier nous met à la 136ème position pour l’enseignement des langues, juste avant le Yémen qui vit une guerre civile depuis 4 ans. Les citoyens dénigrent au quotidien le système éducatif et s’adressent au privé dès qu’ils ne sont plus dans la précarité absolue, sans aucune garantie de résultat, puisque ce même privé est souvent fondamentalement très faible et peu concurrentiel au niveau international.

Le ministre de l’Education nationale nous annonce deux directions. Il veut combattre le surnombre dans les classes et arriver à des moyennes de 34 élèves, dans cinq ans. C’est exactement le même chiffre qui avait été annoncé par Ismail Alaoui il y a vingt ans. Néanmoins, on ne peut que soutenir cet effort.

Le ministre a aussi soutenu l’enseignement des matières scientifiques en Français. L’aberration a été d’arabiser ces matières, alors qu’à l’université cela était impossible. Des bacheliers Sciences-Maths choisissent les études islamiques, parce que celles-ci sont en arabe et qu’ils ne maitrisent pas le français, alors qu’en tant que lycéens ils ont coûté cher au contribuable, en termes de temps de laboratoires par exemple.

Le drame c’est que le problème de l’éducation nationale n’est pas posé sur le bon trépied, toujours pas. Ce n’est pas une question de chiffres, même s’ils sont importants, ce n’est pas une affaire d’enseignement des matières scientifiques, puisque certains arrivent à dépasser le plafond et à intégrer les plus grandes écoles du monde, même en provenant d’un milieu populaire.

L’autre drame, parce qu’il y en a encore, c’est que nous n’avons aucune vision du rôle du système éducatif. Celui-ci ne se confond pas avec l’école, qui en est sa colonne vertébrale. De manière triviale, la question c’est de savoir quelle génération voulons-nous pour l’avenir ?

Dès qu’on se pose cette question, il y en a une centaine qui ressurgissent. Quelles valeurs transmettre ? Le respect de soi et des autres, la responsabilité, l’ouverture et la tolérance, la citoyenneté, la droiture etc… Comment faire de l’école le réceptacle émetteur de ces valeurs ?

Après, il y a le technique. Les jeunes marocains, si on veut les préparer pour la compétition internationale, doivent maitriser plusieurs langues. Il ne s’agit donc pas que des matières premières, mais d’un véritable enseignement des langues dès le primaire. Il ne faut pas céder face aux courants régressifs qui laissent croire que tout acquis linguistique est un danger pour l’identité.

Ce que les Marocains attendent, c’est une vraie réforme, remettant l’école au centre de la Nation.