L'Iran a arrêté huit personnes ''liées à la CIA'' et impliquées dans les troubles

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L'Iran a arrêté huit personnes soupçonnées d'être liées à la CIA et impliquées dans les récentes manifestations qui ont été déclenchées par une hausse du prix de l'essence et marquées par des violences meurtrières.

Les autorités iraniennes accusent les Etats-Unis et Israël d'avoir été à l'origine de ces troubles survenus lors des manifestations déclenchées le 15 novembre. 

Elles avaient bloqué internet le lendemain et affirmé avoir rétabli l'ordre au bout de quelques jours.

L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a affirmé mercredi que le pouvoir avait "dissimulé délibérément" le bilan des morts et des arrestations dans la répression des rassemblements qui ont gagné des dizaines de villes.

"Formées dans différents pays" 

Amnesty International a fait état cette semaine de près de "143 manifestants tués". Des organisations de défense des droits humains ont parlé de jusqu'à 7.000 arrestations, selon HRW. 

Les autorités ont elles confirmé la mort de cinq personnes, quatre membres des forces de l'ordre tués par des "émeutiers" et un civil, et annoncé environ 500 arrestations dont celles de 180 "meneurs".

Mercredi soir tard, l'agence de presse officielle Irna a rapporté l'arrestation de huit personnes "liées à la CIA".

"Certains éléments qui ont essayé de recueillir des informations sur les récentes émeutes et de les envoyer hors du pays ont été identifiés et arrêtés", a-t-elle indiqué, citant la direction du département du contre-espionnage au ministère des Renseignements.

Six personnes sont soupçonnées d'avoir "participé aux émeutes et donné des ordres", a indiqué Irna, sans les identifier.

Deux autres sont accusées d'avoir tenté de recueillir des informations et de les transférer à l'étranger, selon la même source.

Selon Irna, "elles avaient toutes été formées dans différents pays sur la façon de recueillir des informations (...) en tant que journalistes-citoyens".

Les Etats-Unis, ennemi juré de l'Iran, ont affirmé mardi avoir reçu des milliers de messages de la République islamique au sujet de manifestations, dont des photos et des vidéos, après avoir lancé un appel pour qu'ils défient les restrictions d'Internet.

"Nous avons reçu à ce jour près de 20.000 messages, vidéos, photos, notes des abus du régime par le biais des services de messagerie Telegram", a déclaré le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, faisant référence à l'application cryptée. 

Durant les manifestations, stations-service, commissariats, centres commerciaux, mosquées et bâtiments publics ont été incendiés ou attaqués, selon les médias locaux. 

"Complot" 

L'ampleur de la répression n'est néanmoins pas claire, en raison du blocage d'internet par les autorités. 

L'accès à internet est revenu ces derniers jours, et le réseau mobile, jusqu'ici bloqué selon NetBlocks, qui surveille la liberté d'accès à internet dans le monde, était en train de redevenir accessible petit à petit.

Le guide suprême d'Iran, Ali Khamenei, a affirmé mercredi que son pays avait mis en échec "un complot très dangereux".

Il a recommandé au Bassidj, corps de volontaires islamistes pouvant agir comme supplétifs des forces de l'ordre, de maintenir une présence dans toutes les provinces du pays et de conserver un coup d'avance sur "l'ennemi".

Le numéro un iranien a aussi exprimé sur Twitter sa "profonde gratitude" à la nation iranienne dans un message accompagné d'images d'une grande manifestation progouvernementale qui a eu lieu lundi à Téhéran à l'appel des autorités.

Depuis le retrait américain en mai 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien, l'administration de Donald Trump mène une "campagne de pression maximale" contre l'Iran, accusé de chercher à se doter de l'arme atomique et d'avoir une influence "déstabilisatrice" dans la région.

Les manifestations contre la hausse surprise du prix de l'essence se sont déroulées dans un pays touché par une crise économique, aggravée par le rétablissement et le durcissement de sanctions économiques par les Etats-Unis depuis 2018.

Ces sanctions empêchent l’Iran, pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), de vendre son pétrole à l'étranger, une de ses principales sources de revenus.