La crise libyenne inquiète Le G5 Sahel réuni à Nouakchott

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Nouakchott - Les dirigeants du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad), réunis mardi au sommet à Nouakchott, ont réaffirmé leur attachement à la consolidation de la coopération dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et la poursuite des efforts militaires communs en partageant les renseignements et l'échange de moyens.

Dans le communiqué final qui a sanctionné leurs travaux, les chefs d'Etat ont salué la signature de l’accord pour un appui technique entre le G5 Sahel, l’Union européenne et l’organisation des Nations unies destiné à octroyer un appui opérationnel et logistique à la force militaire commune.

Les dirigeants du G5 se sont également félicités du niveau de préparation des forces militaires communes et ont appelé les partenaires à honorer leurs engagements financiers annoncés en 2018 à Bruxelles.

Ils ont, cependant, exprimé leur inquiétude vis-à-vis de la crise libyenne, rappelant les conséquences dramatiques de la crise libyenne sur la sécurité et la stabilité dans l’espace sahélien.

Dans une allocution au sommet, le chef de l'Etat mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani dont le pays assure la présidence tournante du G5 Sahel, a souligné que ce groupement "requiert plus que jamais une attention accrue et coordonnée de la part des Etats de la région et de la communauté internationale pour endiguer la spirale de la violence".

Le communiqué final compte 30 points répartis entre les thèmes de la "sécurité" et du "développement", approuvés par les 5 chefs d’Etat, à savoir Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani (Mauritanie), Ibrahim Boubacar Keita (Mali), Mouhamedou Issoufou (Niger), Idriss Déby (Tchad) et Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso).

Le G5 Sahel fournit depuis 2014 un cadre de coopération entre les cinq pays sur la sécurité et le développement.

Une crise sans précédent

Les journaux mauritaniens qui ont consacré de larges commentaires à la conférence des chefs d'Etat des pays du G5, soulignent que les 5 chefs d’Etat des pays du Sahel ont reconnu l’existence d’une «crise sans précédent» dans la région et ont dénoncé la recrudescence des attaques terroristes au Sahel.

Cette réunion intervient au moment où le G5 Sahel fait face à un ensemble de défis sécuritaires qui requièrent des efforts sérieux pour les contrer en particulier les attaques terroristes auxquels font face le Mali, le Niger et le Burkina Faso, font-ils remarquer.

Citant des observateurs, la presse relève que le sommet a lieu également à un moment crucial de l’histoire du G5 Sahel, notant que l’organisation connait une exacerbation des problématiques de développement, de coexistence accumulées des décennies durant, alors que la région et son environnement immédiat vit des transformations profondes et à différents niveaux : stratégiques, politiques, économiques et sociétales.

Elle a, à cet égard, rapporté des propos du Président mauritanien qui a souligné que pour la Mauritanie, abriter cette session est l’occasion de faire un bilan des réalisations accomplies pour atteindre l’objectif consistant à assurer la dualité sécurité - développement. Il a ajouté que la présence de tous les Chefs d’Etat du G5 au sommet de Nouakchott traduit la forte volonté et la pleine détermination des acteurs à réaliser les objectifs du Groupe et à renforcer sa présence au niveau régional.

Relevant que les dirigeants du Sahel ont lancé un appel aux partenaires et aux donateurs pour qu’ils débloquent les financements destinés à la sécurité et au développement, la même source rapporte que ces dirigeants ont salué la tenue mardi à Nouakchott de la première Assemblée générale de l’alliance du Sahel et se sont félicités des résultats obtenus avant d’appeler à accélérer son appui à l’exécution des projets de développement d’urgence pour les pays concernés.